Ils ont particulièrement souffert pendant la crise sanitaire. Parfois éloignés de leur famille, privés de relations sociales en raison du confinement, les étudiants ont été touchés psychologiquement par la pandémie. Mais il n’est pas toujours facile de franchir le cap et d’aller voir un professionnel. C’est dans cette optique que l’université CY de Cergy propose à des jeunes volontaires de suivre une formation aux premiers secours en santé mentale, financée par le conseil départemental du Val-d’Oise et animée par l’association Iris Messidor, qui lutte depuis des années contre la stigmatisation des troubles psychiques.
Soixante-dix jeunes ont déjà été formés durant des sessions de deux jours, pour repérer les situations de détresse. Et s’il est encore difficile de mesurer pleinement l’impact, ces derniers ont déjà pu mettre en application les notions apprises lors de leur formation.
« Le fait qu’on soit du même âge, ça aide pour parler »
Et notamment Jacqueline, qui a tenu la semaine dernière un stand sur le site des Chênes. « Nous avons pu aiguiller des gens, notamment vers des séances de relaxation, explique l’étudiante en droit. Entre jeunes, c’est plus facile de se dire les choses. Le fait qu’on soit du même âge, ça aide pour parler. » La jeune femme n’a pas hésité quand elle a eu vent de la formation. « Je voyais qu’avec le confinement, les cours en distanciel, ça pesait sur le moral des gens, souffle-t-elle. Là, ça permet de parler de sujets un peu tabous comme la dépression. Cela nous a appris à regarder des petits détails qui ne doivent pas être considérés comme anodins. Ça peut cacher des signaux qui peuvent être alarmants. »
Et les effets devraient encore plus visibles une fois que l’ensemble des étudiants auront repris le chemin des amphithéâtres. « Pour l’instant, c’est un peu compliqué car nous n’avons pas tous retrouvé les bancs de la fac, explique Paul-Adrien. En distanciel, ce n’est pas facile d’aider en santé mentale. » Mais l’étudiant en troisième année de droit qui a déjà pu aider des proches compte bien utiliser ses acquis. « J’ai trouvé ça passionnant, souffle-t-il. Cela nous a donné des clés pour aider et agir. On se rend compte qu’à notre niveau, on peut faire beaucoup de choses. Après cette formation, on est plus à même de comprendre certains comportements. Par exemple si quelqu’un est un peu agressif, un peu tendu. On sera moins dans l’interprétation. »
D’autres projets pourraient être mis en place dès la rentrée prochaine, et notamment une unité de soins en santé mentale.
