Avec 32 classes prépas contre 287 à Paris, le grand défi de la Seine-Saint-Denis

Elles restent encore la voie royale. Celle qui ouvre la porte aux établissements les plus prestigieux. Ce jeudi, de nombreux élèves vont scruter les résultats de la plate-forme d’inscription dans le supérieur Parcoursup, pour voir s’ils sont admis en classes préparatoires aux grandes écoles (CGPE).

Un cursus, qui permet aux bacheliers de poursuivre, durant deux ans, leur formation académique au sein d’un lycée, avant de tenter des concours. Mais ces filières, dans lesquelles les jeunes issus de classes sociales favorisées sont surreprésentés, se concentrent encore essentiellement dans la capitale.

Si l’académie de Paris ne compte que 100 lycées, elle abrite 287 classes prépas. A contrario, celle de Créteil (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne), qui regroupe 229 lycées, n’en dénombre que 141, dont seulement 32 en Seine-Saint-Denis. On en trouve ainsi plusieurs au Raincy et quelques-unes dans des villes plus populaires, comme Saint-Denis ou Aubervilliers.

La proximité géographique, un critère important

Pour renforcer la « diversité sociale » au sein des CGPE, le ministère de l’Enseignement supérieur assure porter une « attention particulière » sur les projets d’ouverture de prépas dites de « proximité », apparues au début des années 1990 dans les villes de banlieue. Car même si un lycéen de Seine-Saint-Denis peut postuler à une classe parisienne, la proximité géographique reste un critère important pour inciter les élèves à franchir le pas… et réussir.

« Les défenseurs des CPGE de proximité estiment qu’elles accueillent, dans bien des cas, des élèves qui, si elles n’existaient pas, n’auraient jamais tenté l’aventure, ou qui, s’ils l’avaient tentée dans des lycées bastions, auraient échoué en raison de la faible capacité d’adaptation pédagogique des CPGE, qui y sont implantées », rappelait ainsi en 2013 le sociologue de l’éducation Yves Dutercq, dans son livre « les Bons Élèves ».



Mais leur création est un processus compliqué. « Les décisions d’ouverture d’une classe préparatoire relèvent d’une décision ministérielle, qui intervient sur proposition des recteurs d’académie », rappelle le ministère de l’Enseignement supérieur. Elles dépendent de plusieurs critères : la capacité de recrutement de la classe en fonction du nombre de bacheliers susceptibles de s’y porter candidats et de sa localisation ; l’impact de son ouverture sur les classes existantes dans la même filière au sein de l’académie ou encore la cohérence avec la carte des autres formations proposées dans l’enseignement supérieur.

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