C’est une petite phrase, lâchée en conférence de presse, qui a fait l’effet d’un tremblement de terre. Et si Novak Djokovic, numéro 1 mondial et patron du circuit ATP, ne participait pas aux prochains Jeux olympiques de Tokyo prévus cet été du 23 juillet au 8 août ? La question mérite d’être posée. Ce jeudi, à l’issue de sa victoire expéditive (6-1, 6-0) sur l’Argentin Federico Coria (96e) lors des quarts de finale du tournoi de Belgrade, le Serbe a laissé entendre qu’il pourrait faire l’impasse sur ce rendez-vous mondial. L’or olympique est pourtant le seul titre majeur qui manque à son incroyable palmarès.
« Je prévois de jouer aux Jeux olympiques si les spectateurs sont autorisés. Si ce n’est pas le cas, j’y réfléchirai à deux fois avant de participer », a déclaré l’intéressé après sa qualification pour les demi-finales.
Les organisateurs des Jeux de Tokyo ont d’ores et déjà interdit les spectateurs étrangers et une décision concernant la présence du public local est attendue pour la fin juin. « Djoko » n’est pas la première star du tennis à exprimer des doutes quant à sa participation aux Jeux olympiques. Rafael Nadal, n° 3 mondial, et Serena Williams, victorieuse de 23 titres du Grand Chelem, ont récemment déclaré qu’ils n’étaient pas sûrs de participer aux JO.
Roger Federer, l’idole des courts, avait lui estimé que les athlètes avaient besoin d’une décision ferme sur le maintien de l’événement, ajoutant qu’il était encore hésitant. Les stars japonaises Naomi Osaka et Kei Nishikori se sont toutes deux interrogées sur l’opportunité même de maintenir les Jeux à Tokyo, déjà reportés d’un an en raison de la pandémie. D’autres sportifs se posent aussi la question de la participation aux Jeux cet été dans le contexte sanitaire anxiogène.
Plusieurs régions du Japon sont en état d’urgence en raison d’une recrudescence des infections, et le public japonais est largement opposé à la tenue des Jeux cet été. Des groupes médicaux ont prévenu que cet événement de masse pourrait introduire de nouveaux variants au Japon et mettre à rude épreuve les ressources médicales alors que le pays lutte contre une nouvelle vague du virus.
