Solidarité : le PSG s’implante au Bangladesh, dans le plus grand camp de réfugiés du monde
Ici, ce n’est pas Paris et ses lumières. Ici, c’est Kutupalong, le plus grand camp de réfugiés du monde. Situé au sud-est du Bangladesh, coincé entre la Birmanie et le golfe du Bengale, il accueille plus de 600 000 personnes, en très grande majorité des Rohingyas, issus d’une communauté persécutée en Birmanie. Dans quelques mois, à l’automne, le PSG s’y implantera pour apporter du soutien moral et matériel à des milliers de jeunes réfugiés bloqués dans cette zone composée de bidonvilles et gérée par le Haut-Commissariat des Nations unies (HCR).
Concrètement, le PSG entend aider ces femmes et ces hommes à s’évader grâce à la pratique sportive en y installant des centres sportifs grâce auxquels il espère toucher 10 000 enfants, réfugiés ou autochtones ainsi que leurs familles. Terrains, tenues, espaces culturels, accès à Internet… La principale mission est d’offrir de la « sérénité » et de « l’épanouissement physique et personnel » à toutes ces personnes. « Il s’agit de donner un peu d’espoir, de leur permettre d’échapper à la réalité, nous confie Nadia Nadim, attaquante du PSG, née afghane et réfugiée au Danemark. Il n’y a pas grand-chose dans ces camps et apporter le football là-bas donne une petite porte pour s’échapper du quotidien. »

La mise en place de cet objectif a duré près de deux ans. « Nous espérons que sa concrétisation apportera un peu de réconfort aux enfants réfugiés et aux communautés qui les entourent », explique le président Nasser Al-Khelaïfi. Le club de la capitale s’appuie sur le Fonds de dotation de la Fondation PSG. Lancé en 2013, celui-ci offre un cadre aux multiples dons recueillis par la Fondation au travers de ses différentes opérations (ventes aux enchères notamment). Et c’est en s’associant avec la jeune entreprise néerlandaise Klabu (qui signifie « Club » en swahili) que l’opération s’est accélérée. Klabu a déjà construit des infrastructures sportives dans le camp de Kalobeyei au Kenya en 2019.
«Le sport donne aux jeunes réfugiés une chance de guérir»
« Cette action conjointe avec les communautés de réfugiés réduit l’isolement des jeunes en difficultés en les connectant au monde réel », détaille Jan van Hövell, fondateur de Klabu. Ces derniers mois, Klabu s’est fait connaître grâce à une collaboration avec l’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts et son célèbre Fifa 21. Les voici connectés au PSG, aussi sous le regard du HCR. « Le sport donne aux jeunes réfugiés une chance de guérir, d’être protégés et de développer leurs compétences », se félicite Paolo Artini, représentant du HCR en France.
Rendez-vous donc à l’automne pour les débuts de ce projet siglé PSG, qui implique également une ONG bangladeshie (Friendship) ou une entreprise spécialisée dans l’énergie solaire (Solarkiosk). « Après cette première phase à Cox’s Bazar, KLABU, le Fonds de dotation du Paris Saint-Germain et le HCR étudieront ensemble la possibilité de déployer le projet dans d’autres parties du monde », conclut le club de la capitale. Et même si cela peut sembler anecdotique face à un apport de besoins plus primaires (nourriture, soins médicaux), Nadia Nadim nous confie les bienfaits du sport sur les mentalités, comme pour sa propre histoire.
« Le football a été un peu mon ange gardien, explique celle qui a fui l’Afghanistan à 9 ans. Il m’a appris beaucoup de choses, à ne pas lâcher, ne pas perdre espoir. Les conditions dans ces camps sont horribles. Je suis contente et fière de cette action du club. J’espère que ça pourra influer sur d’autres grands clubs car ils ont le pouvoir de changer les choses et d’améliorer la vie de ces gens. »
