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Volley : avant les JO, le temps des retrouvailles pour les Bleus, de retour à la compétition

504 jours… L’équipe de France de volley sera donc restée 1 an, 4 mois et 18 jours sans match officiel entre la qualification pour les JO face à l’Allemagne, le 10 janvier 2020, et son premier match de la Ligue des nations à Rimini (Italie), ce vendredi à 10 heures contre la Bulgarie.

Autant dire que les retrouvailles à Mulhouse (Haut-Rhin), en stage préparatoire, étaient attendues avec impatience et excitation par les joueurs de Laurent Tillie. « C’était comme la rentrée des classes après les grandes vacances, résume Stephen Boyer, qui avait en plus zappé le dernier rassemblement. Retrouver les camarades et partir dans la joie vers de nouvelles aventures. »

Pendant ces longs mois, les Tricolores, dont beaucoup jouent en Italie, se sont juste croisés au gré des matchs de championnat de leurs clubs respectifs. « On a plein d’histoires à se raconter, se marre Kevin Tillie. Le premier jour, on était en isolement à l’hôtel à attendre les résultats des tests PCR et on passait tous la tête dans le couloir pour se parler, rigoler. On est vraiment une bande de potes. Si ce n’était pas pour ces mecs-là, jamais je n’aurais lâché ma petite fille de 16 mois… »

Chez son père de sélectionneur, qui tirera sa révérence après les JO, il y a aussi eu une part de soulagement. « J’avais beaucoup d’inquiétude parce qu’on ne s’était pas vus depuis un an et demi, avoue Laurent Tillie. C’était long, c’était lourd, frustrant de ne pas se voir et de perdre l’élan de l’année dernière. Mais on était tellement heureux de se retrouver, d’être ensemble sur le terrain, que c’est tout de suite reparti. » À vitesse grand V.

Car après une longue période forcée d’oisiveté internationale, il va falloir mettre les bouchées doubles dans les semaines à venir. Avant leur préparation finale à Okinawa (4 au 18 juillet), les Bleus vont enchaîner quinze matchs minimum par blocs de trois jours jusqu’au 23 juin (plus demi-finales et finale si affinités). Le tout dans une bulle sanitaire qui permettra de jauger la résistance du groupe.

« On sera vigilants, explique le coach. On leur a donné du temps avant et on espère qu’on sera plus concentrés et que la bulle se passera mieux. Mais c’est l’inconnue. Entre Mulhouse et Rimini, c’est comme partir en sous-marin pendant sept semaines ! » La star tricolore Earvin Ngapeth serait presque soulagée d’appareiller. « Je suis trop content de voir du monde, sourit le réceptionneur-attaquant. J’ai passé trois années difficiles en Russie (NDLR : à Kazan, qu’il vient de quitter pour retourner à Modène) mais la dernière était vraiment dure, sans femmes ni enfants. Ça fait sept mois que je suis à l’isolement ! »

Magasins et restaurants étaient pourtant ouverts là-bas. « On avait le droit de sortir, mais tu fais quoi tout seul ? lance-t-il. Là, une bulle avec les potos, on va jouer, faire ce qu’on aime. On ne va pas rester enfermés dans nos chambres comme des animaux. Et puis, il y a une plage privée à l’hôtel… Et surtout, on sait que quelque chose de gros nous attend derrière. Sans les Jeux (NDLR : où la France avait échoué en phase de poules à Rio), on ne serait pas partis comme ça loin de nos familles. »

Installé en Italie depuis six ans, Jenia Grebennikov appréhende plus l’inconnue olympique que l’enfermement transalpin. « On va être en mode militaire, observe le libéro. Il ne faut juste pas péter un plomb, rester focalisé sur l’objectif, se préparer physiquement et techniquement parce qu’on ne part pas aux Jeux au feeling. » Dix-huit Bleus ont fait le déplacement sur la côte Adriatique. Ils ne seront plus que douze dans l’avion pour l’Asie.

« Je voulais faire un turnover mais c’est impossible à cause de la bulle où on ne peut pas faire venir et repartir les joueurs, explique Laurent Tillie. J’en ai donc profité pour intégrer des nouveaux (NDLR : Diez, Faure, Meyer et Gueye) pour pallier des blessures ou des cas de Covid. On est d’abord à la Ligue des nations pour travailler. On va avoir une compétition en dents de scie mais la priorité, c’est de préparer Tokyo. »