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A Val-de-Reuil, le petit chêne du château de Versailles deviendra grand

C’est en quelque sorte un sujet du Roi-Soleil qui grandit désormais au centre d’une orangerie envahie par les palmiers et accolée à la gare de Val-de-Reuil (Eure). A ses côtés, une étiquette jaune qui rappelle les origines de l’arbuste : « Quercus robur. Offert par Versailles ».

Chaque matin, Christophe Prestot, chef d’équipe Espaces verts à Val-de-Reuil, couve du regard son protégé, « tout petit mais déjà remarquable ». Puisqu’il n’est pas encore assez « costaud » pour être planté, le jardinier vérifie que la terre du pot est bien décompactée, bien humide aussi, « comme elle le serait en forêt ». « Bien sûr qu’on y fait très attention, sourit-il. Ce n’est pas un chêne comme un autre, il vient de l’un des parcs les plus prestigieux d’Europe. »

La bouture d’un arbre vénérable en cadeau

Trente boutures ont été réalisées à partir du plus vieux chêne de Versailles, lui-même planté en 1670, avec l’idée d’en faire don à des endroits symboliques. La première à faire le voyage hors du domaine est donc celle offerte à la ville de Val-de-Reuil. Un cadeau qui s’explique par « l’amitié ancienne » qui lie le maire de la ville, Marc-Antoine Jamet, et la présidente du château de Versailles, Catherine Pégard.

Trés différentes d’aspects, les deux villes ont en commun d’avoir été créées de toutes pièces, la première en sortant de l’imagination de Louis XIV, l’autre, plus jeune commune de France, dans les années 1970, pour répondre à la croissance des Trente Glorieuses. Une symbolique qui a séduit leurs deux représentants.



Le petit arbre versaillais a donc été planté en terre normande le 8 mai dernier, face à l’ancien château du Vaudreuil, « en résonance là aussi puisque les jardins du château ont été dessinés par André Le Nôtre, jardinier de Versailles », précise la Ville. Mais, depuis, le sujet chétif et de moins de trois ans a dû être déterré pour une mise à l’abri. Il aurait risqué gros en affrontant seul les chaleurs estivales, épisodes de tempêtes ou les possibles actes de vandalisme. « Nous avons dit à Versailles et à son jardinier en chef que nous veillerons sur lui comme sur la prunelle de nos yeux », garantit la Ville.

«Amener de l’Histoire à la ville-nouvelle»

La cité contemporaine de Val-de-Reuil compte très peu de sujets très anciens et ce don « amène de l’histoire ici », analyse Anne Lehelloco, responsable du développement durable. « Les rues n’ont cependant cessé de s’enrichir de nouveaux alignements d’arbres. Six-cent arbres ont été plantés cette année. On compte et on identifie nos sujets. Et on en plante de nouveaux là où il en manque, pour limiter les niveaux de chaleur. »

La bouture versaillaise est un chêne, essence très présente dans le secteur, et qui devrait s’acclimater. Le petit arbre doit à présent prendre du volume. Plusieurs années d’attente seront peut-être nécessaires avant de le voir s’épanouir en public.