Paris : ils ont prié en la mémoire des victimes du Covid

« Beaucoup de gens ont besoin de cette première chapelle dédiée aux victimes du Covid. C’est évident, ils ont aussi besoin de ce moment de recueillement », souligne Laurent Frémont, 29 ans, endeuillé par la perte de son père, en novembre dernier, et qui avait donné rendez-vous, ce vendredi après-midi, à tous ceux qui voulaient passer un moment de prière pour leur proche.

C’est à Saint-Sulpice (VIe arrondissement), à 15 heures, horaire habituel de la célébration de la miséricorde, qu’une procession s’est ainsi organisée derrière le père Raphaël, jusqu’à la chapelle Saint-Paul.

Depuis le début du mois, à l’entrée de l’église Saint-Sulpice, cette petite chapelle Saint-Paul aux murs vides a trouvé sa vocation. L’initiative est venue de la rencontre de Laurent Frémont et de Stéphanie Bataille, avec père Henri de la Hougue, curé de Saint-Sulpice. Laurent et Stéphanie ont créé le collectif « Tenir ta main » qui rassemble déjà des milliers de témoignages de familles qui ont vu disparaître un proche sans avoir pu l’accompagner du fait des conditions sanitaires imposées par les périodes exceptionnelles de confinement. Le collectif veut sensibiliser les pouvoir publiques à la détresse des familles. L’église, elle, donne un lieu de rassemblement. « C’est sans doute le premier lieu qui permet ainsi aux familles de se retrouver. Il fallait créer cet espace où chacun peut accrocher au mur une photo d’un proche disparu, de s’arrêter simplement et de penser à leur défunt – pour les non catholiques – et de prier, pour les catholiques. C’est ouvert à tous », soulignait le père Henri de la Hougue les premiers jours après l’ouverture de ce mémorial.

Déjà cinquante photos de défunts

Depuis, une cinquantaine de photos ont été accrochées au mur. Un carnet permet de noter les souvenirs des uns et des autres. Avec à chaque fois un mot émouvant comme celui de Brigitte qui ne se pardonne pas d’avoir « abandonné » son père. Une autre personne écrit que son père lui a donné le premier baiser, « alors que je n’ai pas pu te donner le dernier ». Monique est venue écrire et prier pour Jean-Claude « son époux épleuré ». Alors que Françoise veut se souvenir de sa mère « partie seule ». Des centaines d’intentions de prières sont aussi écrites sur des petits bouts de papier rassemblés dans une corbeille.

Ce vendredi, à 15 heures, s'est déroulée la première commémoration en la mémoire des victimes du Covid, devant la chapelle qui leur est dédiée.
Ce vendredi, à 15 heures, s’est déroulée la première commémoration en la mémoire des victimes du Covid, devant la chapelle qui leur est dédiée. Eric Le Mitouard

C’est bien pour ces victimes de la pandémie, des conditions sanitaires et de l’isolement que le collectif veut se mobiliser. C’est désormais pour les familles que cette chapelle peut être utile. « Certains font deux à trois heures de route pour venir ici », assure Laurent Frémont. Il y a un lieu. Un rassemblement mensuel, tous les derniers vendredis du mois à 15 heures. Et des événements exceptionnels : un concert sera donné le 1er juillet à 20h30, à Saint-Sulpice. Le chœur Hugues Reiner, avec ses 130 chanteurs amateurs, interprétera le Requiem de Mozart (entrée libre).

Eglise Saint-Sulpice, 2, rue Palatine (VIe), ouvert de 8 heures à 19 heures.

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