Epilogue de l’affaire du marchand de sommeil de la rue Jean-Robert (XVIIIe). Michel Bahlous, gérant de la SCI « Le Bien-être », a été condamné ce vendredi au tribunal correctionnel de Paris, à deux ans de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve pour « soumission de plusieurs personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes », dans cet immeuble de 24 logements. Condamné, en outre, à 20 000 euros d’amende, il devra indemniser les victimes et régler 1 euro symbolique à la Ville de Paris, partie civile, qui avait engagé les poursuites pénales.
Pour la première fois en France, grâce aux dispositions offertes par la loi Elan, les indemnités d’expropriation du marchand de sommeil, qui avait été évincé de l’immeuble sur jugement prononcé au civil, en 2019, ont été consignées à la Caisse des dépôts. Et sont désormais confisquées, après la condamnation de Michel Bahlous au pénal.
Tolérance zéro pour ce genre de pratique
« Un juste rétablissement de la situation », se réjouit la Ville, qui avait dû payer à un autre marchand de sommeil, qui avait sévi durant 15 ans rue Marx-Dormoy (XVIIIe), 6, 7 millions d’euros d’indemnités d’expropriation.
« Cette condamnation envoie un signe fort aux marchands de sommeil, estime Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS). Tolérance zéro face à ceux qui profitent de la misère humaine. Jusqu’à présent être marchand de sommeil était une activité lucrative. Les victimes doivent être indemnisées, non les criminels. » Tous les anciens occupants ont été relogés dans le parc social. Michel Bahlous est, en outre, interdit de gérer des sociétés. La SCI « Le Bien-être » a été dissoute, et les biens afférents confisqués. L’immeuble du 7, rue Jean-Robert, abritera désormais des logements sociaux.
