Régionales 2021 : le spectre d’une abstention massive

Et si le grand vainqueur des régionales n’était pas le Rassemblement national, ni la majorité présidentielle, ni la droite ou la gauche, mais… l’abstention ? À voir les inquiétudes partagées par les principaux candidats lancés la bataille, le sujet est en tout cas pris très au sérieux. « Oui, il y aura une forte abstention. Les Français n’ont qu’une envie, c’est de sortir du cauchemar du Covid et les beaux jours vont leur permettre de penser à autre chose », redoute Xavier Bertrand, le président sortant dans les Hauts-de-France. Même son de cloche chez son homologue socialiste en Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset pour qui le « problème numéro un dans cette campagne, est de lutter contre l’abstention ».



Il faut dire que les dates ne risquent pas de favoriser la mobilisation dans les urnes, avec un second tour organisé le 27 juin, à la veille de la fin programmée du couvre-feu et des premiers départs en vacances. « Avec la levée des dernières contraintes sanitaires, et le retour à la vie normale, j’ai du mal à imaginer que les Français aient comme premier réflexe de se ruer vers les urnes », concède un conseiller d’Emmanuel Macron, en qualifiant la participation aux élections régionales de « grande inconnue » pour l’Elysée.

« Les présidents sortants vont bénéficier de leur notoriété installée pour faire la différence »

C’est même l’argument défendu depuis des semaines par le président du MoDem François Bayrou, qui aurait préféré un report à l’automne. « Cela risque d’avoir deux effets induits, décrypte pour sa part un stratège de la République en marche. D’abord de favoriser les présidents sortants qui vont bénéficier de leur notoriété installée pour faire la différence. Et puis, très probablement, profiter au Rassemblement national qui, dans ce genre d’élections, parvient toujours à tirer son épingle du jeu ».

Régionales 2021 : le spectre d’une abstention massive

Dans l’entourage de Marine Le Pen, on se veut pourtant moins catégorique. « Si les gens ne se déplacent pas pour aller voter, c’est aussi un problème pour nous. Dans les Hauts-de-France par exemple, il suffit qu’il fasse très beau et tout le monde ira passer le dimanche sur la côte Picarde ou la Côte d’Opale. Notamment les classes populaires qui ont beaucoup souffert de l’enfermement… et qui sont notre principal vivier ». Du coup, le mouvement de Marine Le Pen enjoint ses troupes à ne pas baisser garde, voire à recourir massivement aux procurations. « Chacun d’entre nous doit en avoir deux », a d’ailleurs prôné Laurent Jacobelli, chef de file RN dans le Grand-Est, lors du traditionnel rassemblement du 1er mai.

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