L’occasion était tellement belle pour les Parisiennes. Glaner et arracher le plus beau titre de l’histoire du PSG féminin sur le terrain de leurs meilleures rivales, à Lyon, chez la plus grande équipe d’Europe de football féminin de la décennie (l’OL a gagné 7 Ligue des champions en 10 ans).
Jusqu’ici, un titre de championnes de D2 (en 2001) et deux Coupes de France (2010, 2018) ornaient l’armoire à trophée du PSG. Un succès au Groupama Stadium dimanche soir (le PSG avait un point d’avance sur l’OL au classement avant le début de la rencontre) et Paris le tenait, son premier titre de champion de France. Enfin. Après 14 années de règne sans partage des Rhodaniennes en championnat et des années de frustration pour Paris.
Mais pour décrocher le Graal, les joueuses d’Olivier Echouafni devaient, une nouvelle fois, renverser la montagne OL. Renverser de revanchardes lyonnaises, ballottées et bougées comme jamais cette saison par une étonnante équipe parisienne. Et déjà battues à deux reprises cette saison. À l’aller, déjà, le PSG avait logiquement pris le meilleur sur l’OL en championnat (1-0). « L’élément déclencheur, c’est peut-être ce match aller, au Parc des Princes reconnaissait hier soir, l’entraîneur des féminines du PSG. On s’était souvent cassé les dents face à cette équipe de l’OL, ça a créé beaucoup de confiance dans le groupe. Ce match a été un vrai déclic. » Puis, Paris avait sorti les coéquipières d’Amandine Henry en quarts de finale de la Ligue des champions (avec notamment une victoire au Groupama Stadium).
Impressionnantes de longévité, les Fenottes – comme on dit dans le Rhône – avaient prévenu. Elles ne laisseraient pas leur couronne sans combattre. Longtemps, d’ailleurs, le choc dimanche soir a été âpre, très… très engagé. Avec des contacts rugueux, sous les yeux notamment de la sélectionneuse de l’équipe de France, Corinne Diacre, et du directeur sportif du PSG, Leonardo.
Le PSG largement au niveau de l’OL dans le jeu
Comme lors des trois premiers matchs entre les deux formations cette saison, le PSG a regardé l’OL droit dans les yeux. En refusant de subir. En étant, dans le jeu, largement au niveau de celles qui ont tant dominé la France du football féminin pendant des années et des années. Jamais, ces dernières saisons, Paris n’avait été aussi proche du mastodonte OL. Aussi entreprenant. Aussi désarmant pour les Rhodaniennes. Et ce malgré l’absence dimanche soir de son attaquante Marie-Antoinette Katoto, insuffisamment remise d’une blessure à la cuisse (Eugénie Le Sommer était également absente côté lyonnais).
Remarquablement organisées, les Franciliennes se sont même procuré les occasions les plus franches, par Kadidiatou Diani (5e) et surtout par Signe Bruun (62e). Elles ont parfaitement réussi à faire déjouer leurs rivales. Un OL sans idées, sans solution. Sans éclairs. Incapable de forcer son destin. « C’était un vrai combat dans tous les sens du terme avoue le coach, Olivier Echouafni. Sur la physionomie du match, on aurait mérité la victoire. On a manqué un peu de lucidité dans le dernier geste. On aurait sans doute mérité plus que ce match nul. Mais on le prend (rires). »
À défaut de décrocher le Graal au Groupama Stadium, les coéquipières de Grace Geyoro ont assuré l’essentiel. Ne pas perdre. Garder leur destin en main. « Rien n’est fait. Il n’y a pas d’euphorie, assure l’ancien joueur de Nice et de Rennes, juste le sentiment du travail bien fait. On a bien négocié ce virage. »
Désormais, avec toujours un point d’avance sur Lyon avant la dernière journée, le PSG doit battre Dijon ce vendredi (4 juin) pour remporter, enfin, ce titre tant espéré. En tenant largement tête à l’OL, Paris a fait une très grosse partie du chemin. Il ne reste plus qu’à transformer l’essai. Les Lyonnaises le savent, à l’image d’Amandine Henry « On garde espoir même s’il ne faut pas se faire d’illusions, elles ne vont pas lâcher. Elles ont fait une très bonne saison, elles le méritent aussi ».
Lyon – PSG
Mi-temps : 0-0
Spectateurs : huis clos
Arbitre : Mme Frappart
Avertissements. Paris : Carpenter (35e), Paredes (57e), Lawrence (67e)
Lyon : Bouhaddi – Carpenter (Cayman 79e), Buchanan, Renard (cap.), Bacha – Marozsan, Karchaoui (Kumagai 70e), Henry – Cascarino (Malard 70e), Macario, Majri. Entr. : Bompastor
Paris : Endler – Lawrence, Paredes (cap.), Dudek (Cook 74e), Morroni – Diani, Geyoro, Däbritz, Baltimore – Bruun (Huitema 65e), Bachmann (Nadim 80e). Entr. : Echouafni
