Une opération d’ampleur est en cours au Lardin Saint-Lazare, en Dordogne, à une trentaine de kilomètres au nord de Sarlat. Depuis tôt ce dimanche matin, les quelque 2000 habitants de ce village sont confinés chez eux sur injonction de la préfecture. Les gendarmes traquent un homme armé qui s’est caché dans une forêt, après avoir tiré sur des gendarmes. Ancien militaire et âgé de 29 ans, il est connu pour des faits de violences conjugales. Il est également père de trois enfants, selon les derniers éléments communiqués par la gendarmerie. « Ce travail va être long, minutieux, prévient ce dimanche après-midi le préfet de Dordogne Frédéric Pérrissat. Nous souhaitons que l’individu soit interpellé sain et sauf. C’est quelque chose qui peut durer de nombreuses heures. A l’heure ou je vous parle, nous ne l’avons pas trouvé. » Les écoles resteront fermées lundi matin, fait-il encore savoir.
Que s’est-il passé ?
Vers minuit, l’homme s’est présenté au domicile de son ex-conjointe pour s’en prendre à son nouveau compagnon. Ce dernier s’enfuit, avant d’être pris pour cible par le tireur. Puis l’assaillant dirige ses tirs vers les gendarmes, appelés par le voisinage inquiété par les cris des enfants. Il tire à de multiples reprises sur les véhicules des forces de l’ordre, abîmant très sévèrement deux véhicules.
« Il y a eu un différend familial cette nuit avec un homme qui est armé, lorsque la gendarmerie est venue il a ouvert le feu. Nous sommes en train de cerner cette personne qui est donc armée », a confirmé le préfet Frédéric Périssat sur France Bleu Périgord, peu après 7 heures, demandant à « la population de rester chez elle enfermée, de ne pas se déplacer ».
Le tireur en fuite
L’homme a été localisé plus tard dans la matinée dans un périmètre boisé de 4 km². « La manœuvre conduite avec les militaires et le général de gendarmerie doit permettre de figer la situation pour pouvoir l’interpeller et éviter tout drame humain », a expliqué le préfet sur BFMTV.
Mais le tireur ne souhaite pas se rendre. « Cette négociation est compliquée », confirme le général André Pétillot, commandant de la zone de défense et de sécurité de Bordeaux, car le tireur est dans un schéma psychologique du « suicide by cop », personne qui cherche à se faire tuer par les forces de l’ordre. Il aurait tiré sur les membres du GIGN depuis sa planque, ainsi que sur un hélicoptère plus tard, en fin de matinée, indique BFMTV. Peu avant midi, il a également visé un véhicule blindé du GIGN.
300 gendarmes sur le terrain
Un lourd dispositif a été déployé sur la zone. Plus de 300 gendarmes sont sur place, le GIGN de Toulouse est en intervention sur les lieux ainsi que le GIGN de Satory (Yvelines). Quatre hélicoptères tournoient dans les airs. Des équipes cynophiles sont aussi sur place.
« Je suis les opérations de la gendarmerie nationale qui déploie tous les moyens nécessaires pour y parvenir. Courage aux gendarmes », salue sur Twitter le ministère de l’Intérieur, Gérald Darmanin.
Un ancien militaire déjà condamné à quatre reprises
L’homme est un ancien militaire, et il est lourdement armé. Il serait notamment en possession d’une carabine 30×30 Winchester -une arme de chasse- d’une carabine 22 LR et d’un couteau, avec lequel il aurait crevé les pneus d’un véhicule de la gendarmerie. Ce qui le met en capacité de « tirer à longue distance », indique André Pétillot. Il est par ailleurs inscrit au fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes (FINIADA).
L’assaillant a « un passé judiciaire » pour violences conjugales. Selon la maire du village, Francine Bourra, il était porteur d’un bracelet électronique. L’ex-compagne et ses enfants, indemnes, ont été récupérés par gendarmerie et placés en sécurité. Ce dimanche, la procureure de la République de Périgueux a précisé que l’individu a été condamné à quatre reprises pour violences conjugales, entre 2015 et 2020. Sa dernière condamnation avait été prononcée en février 2020. Sa peine, de seize mois de prison dont huit avec sursis, a fait l’objet d’un aménagement pour basculer sous le régime du bracelet électronique depuis le 3 mai dernier.
Des négociations difficiles
En ce milieu de journée, la situation semble figée. L’étau se resserre autour du tireur mais les opérations se prolongent car « notre objectif est de l’interpeller en évitant toute effusion de sang de part et d’autre », appuie le préfet de Dordogne sur BFM. « Nous sanctuarisons un périmètre pour qu’il ne puisse pas quitter la zone », et des « renforts d’équipes cynophiles » sont arrivés pour « multiplier nos chances de localiser l’individu ». Le préfet a précisé qu’un contact avait été établi en début de matinée, mais « pas de manière orale ».
« On espère mettre un terme le plus rapidement possible » à cette situation, intervient André Pétillot. « Nous espérons qu’il revienne à la raison », indique le général, qui espère obtenir une « reddition » du tireur. « Un certain nombre de possibilités de se cacher existent, mais la zone est limitée à 4 km2 », rappelle-t-il. Les forces de l’ordre entendent profiter du temps qui passe
