Roland-Garros : la «santé mentale» d’Osaka fait débat
À Naomi Osaka d’ouvrir le bal. La Japonaise aura ainsi l’honneur (ou la corvée) d’effectuer les premières arabesques de la quinzaine sur le Central face à la Roumaine Tig. Mais avant d’entrer dans la danse, la n° 2 mondiale, 23 ans, a surtout décidé d’envoyer valser… la presse.
Pour préserver sa « santé mentale », la double lauréate de l’Open d’Australie et de l’US Open a ainsi décidé de déserter les visioconférences d’après-match où les athlètes viennent confier leurs impressions, relayées ensuite au public. « Souvent, on nous pose des questions qu’on nous a déjà posées de nombreuses fois ou des questions qui nous font douter et je ne vais pas me soumettre à des personnes qui doutent de moi », a-t-elle ainsi justifié avec aplomb.
Son choix surprenant lui a logiquement valu les foudres de l’organisation du tournoi et le rappel à l’ordre embarrassé de la WTA, qui gère le circuit féminin. Même si Osaka s’est fendue d’un message pour dire qu’elle n’avait rien contre Roland-Garros, la nouvelle égérie du sport mondial, à la fois activiste (contre le racisme et pour la cause des femmes) et machine à cash (plus de 55 millions de dollars de gain sur les douze derniers mois dont 50 issus d’une vingtaine de contrats de sponsoring, ce qui lui permettra largement de s’acquitter des amendes pour ses défections à venir), ne pouvait ignorer la caisse de résonance de son acte. Au contraire…
«Les médias sont une partie importante de notre sport»
« On sait ce pour quoi on signe en tant que joueurs de tennis professionnels, glisse la numéro un mondiale Ashleigh Barty. Les conférences de presse font partie du travail. Bien sûr, c’est un moment qui peut être compliqué à gérer. Personnellement, je n’ai jamais eu de problème à répondre aux questions. Cela ne m’empêche pas de dormir. » Une opinion partagée par Rafael Nadal qui a déjà « subi » peut-être 150 passages sur l’estrade dans les coursives du Central si l’on compte son nombre de matchs (102 dont 100 victoires), les rendez-vous d’avant tournoi ou finale, etc.
« Je respecte sa décision, mais sans la presse, sans les gens qui voyagent pour écrire sur nous, nous ne serions pas les athlètes que nous sommes aujourd’hui. On n’aurait pas la même reconnaissance, la même popularité, explique l’homme aux 20 Grands Chelems. Les médias sont une partie importante de notre sport. »
Un brin espiègle, Daniil Medvedev y verrait même une thérapie moins coûteuse qu’un divan de psy. « Je gagne très peu de matchs sur terre battue, et ça peut me rendre fou, sourit le n° 2 mondial. J’essaie de toujours venir en conf, que je sois de bonne ou mauvaise humeur. Et quand je suis de mauvaise humeur, il m’arrive même de me sentir beaucoup mieux après vous avoir parlé. »
Un tout petit peu plus à l’aise que le Russe sur la surface, Osaka n’a jamais dépassé le troisième tour à Paris. Les mauvaises langues disent que cette année, c’est le meilleur moyen de faire des économies…