Roland-Garros : l’exploit du Français Enzo Couacaud, wild-card et qualifié pour le deuxième tour
À l’automne dernier, son coup de gueule avait fini sur son compte Twitter. Dégoûté de ne pas avoir été retenu par la Fédération dans la liste des wild cards, Enzo Couacaud avait craqué en public. « Il faut faire quoi pour être invité dans votre tournoi au juste ? Il faut être copain avec qui ? », s’était indigné le 178e mondial et 3e Tricolore en dehors du top 100.
Ce dimanche après-midi, c’est un joueur un brin revanchard mais surtout un homme très fier qui s’est présenté devant la presse après l’exploit réalisé face au 78e mondial, le Biélorusse Egor Gerasimov. Grâce à sa victoire sur le court numéro 9 en trois sets solides (7-6 (7/3), 6-4, 6-3), le natif de l’île Maurice décroche à 26 ans sa première victoire sur le circuit principal. Et ce pour sa première participation à Roland-Garros.
« C’était vraiment fantastique. Rejouer avec du public, ça nous avait manqué à tous. Sur les challengers, il y a vraiment, vraiment personne. Là, c’était unique. J’ai eu des frissons partout dès le premier point », commence par raconter Enzo Couacaud, 177e à l’ATP et qui a eu connaissance de son invitation il y a quinze jours, après deux participations infructueuses aux qualifications en 2019 et 2020. « J’espérais que la fédération prenne en compte la Race (classement sur l’année en cours NDLR), car j’étais dans les places, poursuit-il. Après, j’essaie de prendre ma carrière et ma vie personnelle de la même manière, en maîtrisant ce que je peux maîtriser (…) Je suis content de montrer que l’invitation n’est pas volée et que j’ai ma place ici ».
« Jouer un tournoi du Grand chelem, c’était presque un mythe »
Champion d’Europe chez les moins de 16 ans, en 2011, Couacaud n’a jamais percé au plus haut niveau. Des blessures ont freiné sa progression, dont plusieurs au coude ont failli mettre un terme à sa carrière. Il n’avait joué jusque-là qu’un seul match sur le circuit ATP, à Montpellier en 2020, et l’avait perdu.
Cette wild card l’a « débloqué », il le concède. Dimanche dernier, il disputait ainsi la finale du Challenger de Biella, en Italie. Malgré la défaite, son parcours réservait plein de belles promesses. « Jouer un tournoi du Grand chelem, c’était presque un mythe ». A lui maintenant de briller sur plusieurs épisodes. Le prochain l’opposera mercredi à un adversaire encore plus redoutable, l’Espagnol Pablo Carreno Busta (12e).