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Valérie Pécresse aux Jardins d’Eole: «Il faut un centre de traitement pour les toxicomanes»

L’atmosphère est lourde. Ce samedi après-midi, ils sont des centaines d’addicts au crack à hanter les Jardins d’Eole (XVIIIe et XIXe). Des hommes, inertes, gisent sur les pelouses de cet ex-poumon vert de l’est-parisien, en plein soleil. Des femmes hurlent, violentes. Quelques-unes brandissent des bouteilles de bière ou de vin, l’insulte à la bouche…

Ils sont entre 1 000 et 1 500 à squatter chaque jour cet enfer. On y achète de la drogue, de l’alcool, on consomme. Certains grattent même le sol pour trouver de ces petits bouts de stupéfiants. Ici, on nomme cela « le syndrome de la poule » : cet acte qui consiste à labourer le sol avec ses ongles, pour récupérer, à n’importe quel prix, des morceaux de galettes de crack. Et ce samedi, ils sont nombreux à gratter les parterres, à la recherche de quelques pépites qu’ils brûlent vite dans la bouche.

Une scène à laquelle assiste Valérie Pécresse, la présidente (Libres !) de la région Ile-de-France, en campagne pour sa réélection. À ses côtés, Rachida Dati, la cheffe de file LR à Paris. Les deux élues aux relations tendues, s’entendent en revanche, parfaitement sur cette problématique.

« Il faut vraiment agir »

Et ce samedi, elles avancent des propositions communes. « On ne peut pas continuer comme ça. Un millier de personnes sont regroupées dans ce parc à partir d’une heure du matin ! Notre solution : créer un véritable centre pour les toxicomanes, avec un vrai suivi médico-social, et psychologique », annoncent-elles. Et Rachida Dati de marteler : « Ça suffit de déplacer la toxicomanie de 600 m. Il faut vraiment agir. Arrêtons de mettre la poussière sous le tapis. »

Un peu plus loin, dans le parc, un échange se noue avec un toxicomane. « La cocaïne a détruit ma vie. J’ai 69 ans, et je suis mort, lâche-t-il, le sourire édenté. La cocaïne est la pire de mes maîtresses. » Rachida Dati : « Vous êtes d’accord pour qu’on vous en sorte ? « Oui, madame ! ». « Vous comprenez que ce n’est plus possible, là ? » demande l’élue. « Oui, je le sens bien. Aidez-moi. La came a détruit toute ma vie. »