Courbevoie : « le retour à la vie normale » des invités-vedettes du festival Les Mots libres
Les terrasses rouvrent, les festivals aussi. Courbevoie accueille, à partir de ce mardi 1er juin, celui des Mots Libres. Des dizaines d’animations vont rythmer ce mois de juin jusqu’au samedi 27. « Les mots sont essentiels : pas de mots sans idées, pas d’idées sans liberté, les mots sont notre héritage. Les mots pour écrire, pour lire, pour débattre, pour combattre, pour chanter, pour jouer, pour créer. Les mots représentent la vie ! », clame Jacques Kossowski, le maire (LR) de Courbevoie, dans le livret du festival.
Le programme est extrêmement dense et a de quoi rassasier les boulimiques de littérature. Pièces de théâtres, ateliers en tous genres, rencontres avec des auteurs, concerts littéraires comme celui de Jeanne Cherhal le 14 juin, performances, dictée géante, expositions, prose, poésie ou bande dessinée, Les Mots Libres couvrent toute la palette de la langue. Une sculpture de François Abélanet a en outre été installée devant le centre événementiel.
« La première expo du monde d’après »
Cette année, le plateau est pour le moins prestigieux. Pour les comédiens et les auteurs invités, le cru 2021 de ce festival revêt aussi une importance toute particulière.

« On revient un peu à une vie normale. Ou une vie qui a les apparences du normal », estime le dessinateur Voutch, dont une exposition attend les curieux à l’espace Carpeaux jusqu’au 17 juin. L’occasion de se plonger dans 15 tirages numériques des Fables de La Fontaine (Le Cherche Midi), autant de la saga « T’es sûr qu’on est mardi ? » et 48 gouaches originales, issues principalement des ouvrages « Tout se mérite » et « De surprise en surprise ».

« Pendant un an et demi, je n’ai fait aucune rencontre avec les lecteurs », souligne Voutch, qui tempère cependant son enthousiasme. « C’est la première expo du monde d’après, résume le dessinateur. Je n’ai encore jamais participé à un festival, où on rencontre des gens masqués. Tout cela est encore… nébuleux. »
Le dessinateur sera également au centre événementiel le samedi 12 juin, pour une rencontre avec Gérard Jugnot, à 15h15. Juste avant, de 14 heures à 15 heures, c’est l’écrivaine Amélie Nothomb qui se sera pliée à l’exercice.
« On retrouve des émotions physiques »
Après Voutch et Jugnot, ce sera au tour de Bernard Werber. Il y a tout juste trente ans, il publiait « Les Fourmis », qui se sont écoulées à plus de 20 millions d’exemplaires. Aujourd’hui, ce prolifique pilier de la Ligue de l’imaginaire semble sur des charbons ardents. Difficile de se passer du contact avec ses lecteurs quand on s’est imposé comme un maître du roman populaire.
« Je suis très heureux de participer à ce festival, jubile-t-il. Je peux enfin sortir de ma tour d’ivoire et reprendre mon bâton de pèlerin. C’est important pour nous, auteurs, de rencontrer ceux qui nous lisent. Dans ces moments, on oublie les détails comme le masque, tout passe par le regard ! Ce festival, c’est le retour à la vie. »
Et s’il en est une qui trépigne d’impatience, c’est bien la marraine de l’événement. Ce lundi, la bouillonnante Clémentine Célarié était sur les planches du théâtre Liberté de Toulon pour y jouer « Une vie » d’après Guy de Maupassant. C’est cette même pièce qu’elle interprétera le samedi 12 juin, à 19 heures, à l’espace Carpeaux.
« On nous a pénalisés en prétendant que la culture n’est pas indispensable. La culture nourrit l’âme, on a besoin d’émotions directes », s’emporte la comédienne. « On a vécu une longue période où les émotions étaient négatives, voire tragiques, et on a eu des émotions par le biais du virtuel, poursuit-elle. Avec le théâtre, la poésie, on retrouve des émotions physiques, viscérales. C’est finalement le retour à notre humanité et c’est capital. »
Programme détaillé sur www.ville-courbevoie.fr.