Le survol à basse altitude d’une zone de haute montagne autour du sommet du Mont Blanc, côté français, sera désormais interdit du 1er juin au 15 octobre, chaque année, a annoncé ce lundi la préfecture de Haute-Savoie.
On pourrait penser que c’est pour préserver le sommet à la saison la plus chaude que cette décision a été prise, c’est en réalité pour éviter les « rrrrrrr » et les « zzzin » que l’État crée une zone réglementée. Le 13 avril dernier, les maires de Chamonix et de Saint-Gervais, et les associations de défense de l’environnement Mountain Wilderness et ProMont-Blanc, excédés par les « véritables meetings aériens » qui prenaient place sur les glaciers du massif et conduisaient à des nuisances sonores « assez considérables » dans ces paysages grandioses, avaient lancé un appel pour que ce bruit cesse. Depuis longtemps ils réclament des mesures pour faire respecter le site.
Les guides de haute montagne sont aussi mobilisés au travers d’un groupe Facebook intitulé « Nuisances sonores au Mt Blanc ». « Parfois, le bruit est tellement fort que l’on n’entend pas nos clients », a raconté son administrateur, Georges Unia, à Montagnes magazine. Quand ce n’est pas dangereux : l’été dernier, sur glacier d’Argentière, raconte le guide, « un enfant surpris par le bruit d’un hélicoptère est parti en courant avant de tomber au fond d’une crevasse ».
« C’est insuffisant »
Sauf engin électrique, on ne pourra donc survoler les zones d’accès classiques au Mont-Blanc. Les élus auraient préféré une interdiction plus large. « La réponse est très partielle, pas satisfaisante », a réagi auprès de l’AFP Éric Fournier, le maire de Chamonix. « Nous demandons une restriction des activités aériennes qui concerne tout le massif du Mont-Blanc, je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise ! »
Dimanche, raconte-t-il, deux autogires (un type d’aéronef très léger, proche d’un ULM) ont atterri dans la Vallée Blanche – en dehors de cette fameuse zone de protection – et les deux pilotes, bloqués, ont abandonné leurs appareils sur la Mer de Glace. « C’est ce type de comportement qu’on veut éviter à l’avenir », a ajouté M. Fournier, qui appelle à « continuer la réflexion » avec les services de l’État.
« C’est insuffisant », a renchéri Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais, reconnaissant que cette zone de protection était probablement « le seul outil qu’a l’Etat aujourd’hui » pour établir un périmètre d’interdiction rapidement, en attendant une mesure plus large.
« Les mesures prises, qui constituent un juste équilibre entre les attentes de toutes les parties concernées, seront évaluées à la fin de la période d’été avec l’ensemble des acteurs locaux », écrit la préfecture dans son communiqué, « afin d’envisager les éventuelles modifications à leur apporter en vue de leur pérennisation. »
Ces dernières années, une série d’atterrissages de petits avions pour déposer des touristes sur des glaciers, voire à proximité immédiate du sommet du Mont Blanc, avait provoqué la colère des élus et des professionnels de la montagne. Sans parler des incivilités, nombreuses.
VIDÉO. Halte au grand n’importe quoi au sommet du Mont-Blanc
