Plan de relance : les chemises de luxe ont de l’avenir près de Montargis
Inutile de chercher ailleurs, les chemises de France Luxury Shirt ne se vendent que dans les boutiques de luxe, faubourg Saint-Honoré à Paris ou sur Madison avenue à New-York, entre autres. « Nous produisons pour le monde entier. L’usine tourne à plein. Nous recrutons », résume Diego du Réau, qui a repris en 2012 cet atelier de confection qui date de 1836.
Et pourtant, comme toute la filière textile, cette entreprise installée à Villemandeur, près de Montargis (Loiret), a été malmenée. La crise du Covid-19 n’a rien arrangé : trop de charges, la concurrence italienne, les difficultés dans les approvisionnements et l’organisation du travail. « Il y eu du flottement », admet Diego du Réau.
Puis la PME, qui enregistre un chiffre d’affaires de trois millions d’euros, a été sollicitée pour coudre des masques. Cahin caha, l’usine a continué de tourner. Les commandes sont revenues. « Je suis régulièrement sollicité par d’autres marques qui veulent relocaliser en France des chemises fabriquées ailleurs. Les négociations achoppent encore sur les prix. Même si les salaires ne sont pas très élevés, la France a les couturières les plus chères du monde, à cause des charges sociales », argumente le dirigeant.
Les couturières les plus chères du monde
Pour relancer sa PME d’une cinquantaine de salariés, il a consacré un samedi après-midi à la rédaction d’un dossier de candidature pour le Plan de relance. « Ça a marché », sourit Diego du Réau, qui prévoit d’investir plus de 800 000 euros pour moderniser l’usine, dont 300 000 euros d’aide de l’Etat.
D’ici à la fin de l’année, une machine de découpe automatique, dotée d’une caméra intégrée, va accélérer cette phase délicate. « On veut gagner en efficacité », projette Diego du Réau, qui prévoit de recruter une dizaine de personnes, notamment en alternance. « Les formations en confection ont disparu, dit-il. En alternance, on prend le temps de former les salariés à nos méthodes. »