Quand Police secours est appelée pour repêcher… une poupée gonflable
Depuis une semaine, le sujet alimente les conversations à la machine à café des commissariats de la DSPAP (Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne) et intrigue les policiers. Lundi dernier, le 24 mai, à 15 heures précises, Police secours est appelée pour un corps flottant dans la Marne, à la hauteur du quai de Bonneuil, à Saint-Maur (Val-de-Marne), à quelque 10 km de Paris. C’est le terrain de compétence du commissariat de Créteil mais aussi des hommes-grenouilles de la Brigade fluviale parisienne, amarrés au Pont d’Austerlitz (XIIIe), qui surveille la Seine, ses affluents et ses « vrais » noyés.
Une silhouette en… silicone
Sur place, les policiers retrouvent des membres d’une société de ski nautique qui ont donné l’alerte. A l’origine, trois personnes en bateau sur la Marne ont vu « une silhouette » flottant dans l’eau, accrochée à un arbre. Les policiers décident de monter à bord de leur bateau « pour vérifier les dires », précise le rapport de police. Et là, poursuit un fonctionnaire, « nous constatons effectivement une silhouette qui s’avère être une poupée en silicone », « très réaliste », précise-t-il.
La créature est entravée, comme certains cadavres découverts dans la Seine, liés à de sombres affaires criminelles. « Il faut quand même être bien tordu, commente Jimmy, policier, pour balancer une poupée gonflable avec un sac sur la tête et la ligoter. » Les fonctionnaires, un brin perplexes, décident de s’en remettre à leur hiérarchie. « On fait quoi là, chef ? », demande l’un d’eux au téléphone à l’officier de police judiciaire (OPJ) de permanence. « Sortez là de l’eau », s’agace l’OPJ. Et ramenez-la ! » « Il fallait la sortir, insiste Jimmy, sinon Police secours aurait été rappelé pour cadavre flottant ». Dans la foulée, l’officier demande un rapport à ses hommes sur l’incident. Et les somme de jeter la poupée à la poubelle.
La « fluviale » habituée des découvertes
A la Brigade fluviale, on ne s’étonne pas… ou plus.. de ce genre de « trouvaille ». Pour les quelque 30 hommes-grenouilles qui ne repêchent pas an quelque cinquante « vrais » noyés, « la Seine est aussi un endroit parfait pour y cacher des choses. C’est la face obscure de Paris ».
En plus des habituelles voitures et Vélib’ volés, obus de la Seconde Guerre mondiale et armes, vestiges de braquage, machines à laver en tout genre que les plongeurs remontent du fleuve… Il y a aussi les corps abîmés des suicidés ou suppliciés d’affaires criminelles glaçantes, comme cette prostituée découverte au fond de l’eau accrochée à une découpeuse à jambon.
En plus léger, il y a les faux lingots d’or, la boule de cristal de la cartomancienne. et la valise d’objets sexuels en tout genre, sex-toys, menottes, fouet…