Patrice Haddad a donc choisi l’option de la continuité. Le président du Red Star, 7e de National, a décidé de renouveler sa confiance à son staff technique dirigé par Vincent Bordot, 46 ans. « Je lui devais une troisième saison sur une pelouse digne de ce nom », justifie le patron du club audonien, qui va bénéficier d’une pelouse naturelle au stade Bauer en pleine reconstruction. En contacts avec Annecy ou Orléans, Bordot reste donc l’homme de la situation pour relever l’objectif de remontée en Ligue 2. Il sera épaulé par un second adjoint, l’ex-international Habib Beye, longtemps consultant télé, et pourrait bénéficier du renfort d’un nouveau responsable du recrutement, Kevin Lesportes, en provenance de Dunkerque.
Votre président vous renouvelle sa confiance en estimant qu’il vous devait une troisième saison avec de meilleures conditions de jeu. Quel est votre sentiment ?
VINCENT BORDOT. Malgré deux échecs en deux ans pour la montée en Ligue 2, nos différents soucis liés à l’arrêt du championnat puis au Covid-19, il estime que j’ai réalisé du bon travail et que cela vaut une troisième année de collaboration. C’est toujours gratifiant.
Selon nos informations, votre président visait d’autres entraîneurs (Réginald Ray, Pablo Correa, Stéphane Rossi) au cas où… Est-ce que cela justifie que votre prolongation ait autant tardé ?
J’avais d’autres options, avec des possibilités de partir pour prendre un autre projet et il fallait bien y réfléchir et saisir la meilleure option. Mais tout était clair avec le président et on ne se cachait rien depuis plusieurs semaines. On a beaucoup discuté, il fallait être clair et net. On a convenu que je pouvais encore amener de la force à ce groupe. Cela a pris du temps mais on est en harmonie.
Après deux échecs, vous a-t-il mis davantage de pression pour la montée en Ligue 2 ?
L’objectif n’a pas changé depuis deux ans, c’est retrouver la Ligue 2 le plus vite possible. Réaliser LA grosse saison. Pas à court terme, ni à moyen terme. Cette saison, je suis énormément déçu de la seconde partie car on avait réellement les moyens de terminer dans les trois premiers. On a eu beaucoup de circonstances atténuantes, et notre beau parcours en Coupe de France (NDLR: élimination aux tirs au but par Lyon en huitièmes de finale) n’enlève en rien la déception.
Pourquoi monter en Ligue 2 semble plus difficile à accomplir avec le Red Star qu’ailleurs ?
C’est un gros club, populaire, médiatisé, commenté. Il faut savoir faire abstraction de tout cela et travailler. Enchaîner les bons résultats et maintenir les joueurs à un haut niveau de performance toute l’année.
« Avec Habib Beye, tout sera carré »
Habib Beye, qui passe son diplôme d’entraîneur professionnel (DEPF), devient l’un de vos adjoints. Quel rôle tiendra-t-il ?
J’avais déjà évoqué depuis février le fait que je souhaitais un second adjoint, pour prendre du recul sur les séances, être davantage dans l’analyse, être plus objectif. C’est un souhait qui faisait partie de nos discussions lors de cette prolongation. Le président m’a dit qu’Habib Beye pouvait être disponible, que je pouvais l’accompagner dans son DEPF, j’ai pris le temps de la réflexion et j’ai dit OK ! En tant qu’adjoint, il aura le même rôle que Jimmy (Modeste), la même fiche de poste, avec un travail bien précis. Avec lui, l’idée est d’être plus performant, tout sera carré. Habib peut nous apporter son analyse, il n’y aura pas d’adjoint n°1 ou 2.
Compte-tenu de son CV, de son passé, ne craigniez-vous pas qu’il devienne aussi une option de coach en chef en cas d’échec de votre part ?
Sincèrement, je ne pense pas à ça… Ce n’est pas mon problème. Un entraîneur se doit certes d’avoir des résultats, et on sait qu’on peut sauter ou pas… J’ai déjà eu des périodes difficiles mais le président m’a toujours soutenu… Habib Beye n’arrive pas dans cet état d’esprit. Il arrive pour nous aider à tirer le meilleur du groupe. Adjoint, c’est un rôle très important et très difficile à la fois.
Beaucoup de joueurs sont aujourd’hui en fin de contrat. Quels sont ceux qui font partie de vos priorités ?
Beaucoup sont sollicités et on va tout faire pour conserver ceux qu’on souhaite garder. Oui… Le timing a pris plus de temps mais je ne suis pas inquiet. Si certains veulent partir, je ne les retiendrai pas… Mais le Red Star attire, on va disposer d’un nouveau centre d’entraînement, un terrain en herbe, ça va changer la donne pour beaucoup…
Votre leader Cheikh Ndoye va-t-il rester ?
C’est l’un des points d’interrogation…
