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Risques d’inondations : des dizaines de maisons non conformes en baie de Somme

Les propriétaires avaient cinq ans pour se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation sur les inondations. Mais le 10 juin, comme vient de le rappeler Le Courrier picard, des dizaines de maisons de plain-pied de la baie de Somme seront non conformes. Acté en 2016, le plan de prévention des risques naturels prévoyait en effet qu’ils fassent construire chez eux un espace refuge non inondable.

Dix communes picardes (Fort-Mahon, Le Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme, Rue…), soit 13 000 logements (principaux ou secondaires) et 50 000 habitants, seraient concernés. Dans la seule station balnéaire de Fort-Mahon, quelque 1500 maisons ou appartements figurent dans le périmètre, soit plus de la moitié du territoire.

« Tout le monde est passé à côté »

« Cette disposition fait deux trois lignes sur 61 pages, constate Éric Kraemer, qui préside la commission urbanisme à Fort-Mahon et fondateur de l’association de défense des propriétaires, artisans, résidents Marquenterre-Baie de Somme. Tout le monde est un peu passé à côté. »

Elle impose aux propriétaires de maisons de plain-pied de faire construire un refuge en béton de 1 m2 par personne par foyer. Le plancher doit être à plus de 7, 50 m du niveau de la mer. La hauteur sous plafond doit être au minimum de 1,20 m. Une fenêtre de toit doit être installée pour faciliter un hélitreuillage. Des travaux qui peuvent être pris à 80 % par le Fonds Barnier.



Pour Eric Kraemer et Florence Bressier, la présidente de l’association, ces dispositions ont été imaginées pour des dangers entrevus à l’horizon 2100 : « Il faudrait par exemple que la digue de Fort-Mahon cède… C’est hypothétique », soulignent-ils. « J’ai une fermette picarde à 5, 5 m du niveau de la mer. La loi prévoit une autorisation de démolition pour la rehausser car il est impossible de construire un refuge. Combien cela coûterait-il ? », s’interroge Eric Kraemer.

Pour le moment, un seul propriétaire se serait lancé dans les travaux. Côté transactions, une baisse du prix des maisons n’est pas exclue, l’absence de refuge figurant sur les actes de vente… En attendant, la préfecture ne s’exprime pas sur le sujet. L’association, qui invite tous les propriétaires à se rapprocher d’elle, espère participer rapidement une réunion entre toutes les parties.