Sur le canton de Garges-lès-Gonesse, une chose est sûre pour les prochaines élections départementales : les électeurs éliront forcément deux nouveaux conseillers. En effet, ni Michel Aumas, ni Cergya Mahendran, ne sont candidats à leur propre succession. En 2015, l’ancien maire (LR) d’Arnouville et l’actuelle adjointe au maire (UDI) de Garges s’étaient largement qualifiés au premier tour (38,44 %) où se disputaient sept tickets avant de l’emporter face au Front national au second tour (74,99 %). C’est donc un nouveau duo soutenu par LR, l’UDI et Libres !, le parti de Valérie Pécresse, qui représentera la droite avec Sarah Moine, conseillère municipale déléguée (DVD) à Arnouville et Ramzi Zinaoui, maire adjoint (UDI) à Garges.
«On est plutôt confiants»
« On part plutôt confiant car nous avons un socle plus important qu’il y a six ans », affirme Ramzi Zinaoui. Et de mettre en avant le programme de la majorité sortante. « L’idée est d’apporter de la continuité sur les routes, les crèches et du nouveau pour les collèges, l’inclusion par le sport… », poursuit le candidat conscient cependant des scores réalisés à Garges par le parti de Marine Le Pen lors des européennes notamment.
Et le Rassemblement national est bien en lice cette fois-ci encore mais avec un nouveau binôme : André Isip et Catherine Thiry. Ces derniers n’ont pas pu être joints par Le Parisien.
« À ma connaissance, ils ne sont pas du canton et on ne les voit jamais sur le terrain. Leur seule campagne ce sont des thèmes nationaux dans leurs tracts », notent plusieurs candidats dont le socialiste Christophe Dieu, ancien conseiller municipal d’opposition à Garges.
Deux binômes à gauche
Avec Myriam Dien (PCF), elle aussi ancienne élue d’opposition de Garges, ils forment le binôme Union de la gauche soutenu par le PS, le PC, Génération écologie, Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) et Place publique. Très divisée en 2015 avec pas moins de quatre listes, celle-ci a su davantage se rassembler cette année. « Avec cet effritement, nous n’avons pas accédé au second tour. Mais là on s’est dit qu’il fallait un rassemblement à gauche le plus large possible surtout avec la vague brune qui monte. Il y a eu des rencontres avec des rassemblements et d’autres qui n’ont pas donné ce qu’on espérait », constate Christophe Dieu qui se dit cependant « confiant ».
En effet, si la gauche est effectivement plus rassemblée, aucun accord n’a cependant pu être trouvé avec EELV en raison de divergences sur l’avenir du Triangle de Gonesse. Le parti écologiste soutien le binôme composé de Rafika El Medassi (EELV) citoyenne engagée dans la vie associative de Garges et Dean Nguyen (EELV), actuel élu d’opposition à Garges sur la liste menée par Samy Debah. « Ici, le PS est pour l’urbanisation du triangle donc ce n’était pas possible, explique Dean Nguyen. Ensuite, si besoin, évidemment nous nous soutiendrons l’un et l’autre au second tour car on est de gauche ». Mais pour l’élu, son ticket a toutes ses chances de passer le premier round. « On se sent soutenu, plébiscité par les gens. On représente aussi quelque chose de nouveau et une alternative à la droite locale », souligne l’écologiste qui rappelle que le PS a fait de mauvais scores lors des dernières élections locales à Garges.
Et un cinquième duo
Mais la droite et la gauche devront également compter avec cinquième binôme, sans étiquette. Elle est composée d’Abdellah Benouaret, nouveau maire (SE) de Bonneuil-en-France, et Umaiyal Vijayakumar, Gargeoise impliquée dans le soutien scolaire.
Pourquoi se lancer ainsi en indépendant en dehors de son canton, Bonneuil étant désormais rattaché à Villiers-le-Bel ? « Historiquement, on était rattaché à Garges et le redécoupage qui a été fait n’est pas très logique car à Bonneuil on est beaucoup tourné vers Garges et Arnouville, assure l’édile. Et puis parce que le poste de maire, c’est bien mais ça a ses limites. Par exemple, on veut pouvoir proposer du neuf pour le collège d’Arnouville que j’ai moi-même fréquenté. Et de revendiquer eux aussi de représenter une nouvelle voix « apolitique ». C’est très important pour nous car les projets qui sont à mener ils n’ont pas de parti », estime-t-il. Mais tous le savent, le véritable arbitre pourrait bien être l’abstention : près de 70 % en 2015.
La fiche d’identité
Population : 57 285 habitants
Les candidats : André Isip-Catherine Thiry (RN), Sarah Moine-Ramzi Zinaoui (UDI), Myriam Dien-Christophe Dieu (UG), Rafika El Medassi-Dean Nguyen (ECO), Abdellah Benouaret-Umaiyal Vijayakumar (DIV),
Les résultats de 2015 : Premier tour. Michel Aumas-Cergya Mahendran (DVD) 38,44 %, Marie-Gabrielle Malacain-Michel Simonot (FN) 19,98 %, Thérèse Martin-Hussein Mokhtari (PS) 19,95 %, Ali Belkadi-Myriam Dien (FdG) 10,07 %, Vincent Chenina-Soraya Hajdari (DVG) 6,76 %, Chloé Benchora-Thanh-Tin Nguyen (EELV) 3,77 %, Joaquim Da Costa Serrao-Imren Ertugrul (DLF) 1,03 %. Deuxième tour : Michel Aumas-Cergya Mahendran (DVD) 74,99 %, Marie-Gabrielle Malacain-Michel Simonot (FN) 25,01 %
