France – Pays de Galles : « On fera la différence en tant qu’équipe », prévient Lloris
Pour Hugo Lloris et les Bleus, l’Euro débute mercredi soir avec un premier match de préparation face au Pays de Galles, à Nice. Dans sa ville de naissance, le capitaine français espère que son équipe commencera à trouver des automatismes et pas uniquement sur la ligne offensive.
Êtes-vous conscience de l’attente autour des Bleus ?
Hugo Lloris. Il y a toujours eu beaucoup d’attentes sur les épaules des Bleus depuis de nombreuses années. On se doit en tant que joueur de représenter ce statut. On est champion du monde, on a sur le papier beaucoup de talent. On ne se laisse pas influencer par ce qui se dit à l’extérieur. Il suffit de voir l’intensité, le niveau, la concentration à l’entraînement. Il faut l’appliquer dès demain face au Pays de Galles.
Comment sentez-vous le groupe ?
On se prépare comme on se doit. L’objectif est d’être prêt face à l’Allemagne le 15 juin. On avance avec de l’ambition. On aura une phase de groupes très difficiles, on se doit d’être prêt tout de suite. C’est toujours un plaisir pour moi de revenir sur mes terres. J’ai une pensée pour les supporters qui ne seront pas présents au stade. Ce qui n’empêche pas de ressentir l’engouement des Français.
Que représente une 100e sélection en tant que capitaine ?
C’est magnifique que ça puisse se jouer à Nice. Le hasard fait bien les choses. Le capitanat n’a jamais été un objectif quand j’ai commencé ma carrière. Je suis heureux de la confiance de Laurent Blanc puis Didier Deschamps. Je suis fidèle à moi-même et je continuerai à donner le maximum jusqu’à ce que l’histoire se termine pour moi.
C’est l’une des rares sorties pour le groupe France. Cela offre-t-il une bouffée d’oxygène ?
Une semaine ce n’est pas grand-chose (sourire). Il reste encore du temps à passer ensemble. L’objectif est d’aller au-devant des supporters n’importe où en France. Malheureusement le stade sera vide. Pour nous, oui, ça nous sort un peu du contexte et nous permet de faire un pas en avant à quelques jours de l’Euro.
Sentez-vous que le retour de Benzema change quelque chose au sein du groupe ?
La réintégration de Karim s’est faite naturellement. Pour les plus jeunes, il y a du respect et de l’admiration pour ce qu’il a réalisé en club. On fait abstraction de ce qui a pu se dire en dehors. On a beaucoup de talent. On sait que les matchs se gagnent sur le terrain et pas sur le papier. On fera la différence en tant qu’équipe. Karim n’a jamais lâché, il a eu le mérite de revenir.
Cet équilibre peut-il être conservé avec quatre joueurs offensifs ?
Tout est possible quand les joueurs ont les mêmes ambitions, que le projet de jeu est clair, précis. C’est à nous de mettre l’énergie avec et sans ballon. Tout le monde travaillera pour le bien de l’équipe. On a beaucoup de joueurs talentueux offensivement, dans des registres différents. Mais on ne gagne pas de tournois sans être une équipe solide défensivement et équilibrée. Notre équipe se doit d’être forte dans tous les secteurs de jeu.
Quels sont les points forts et faibles du Pays de Galles ?
C’est une équipe athlétique, au style britannique. Ils font beaucoup d’efforts quand ils représentent leur pays. J’en ai côtoyé trois cette saison à Tottenham. C’est le demi-finaliste du dernier Euro, il y a de qualité. Ils sont bons sur coup de pied arrêté. Gareth Bale sort du lot, Aaron Ramsey dégage une grande classe. Lorsqu’on parle d’humilité au meilleur niveau, il en faudra demain pour ne pas se faire surprendre.
Vous souvenez-vous du dernier match de Benzema, ici ? A-t-il évolué ?
Il a évolué, oui. On peut le voir en cinq ans. Il est capitaine au Real Madrid, ça montre son leadership. On ne va pas lui demander après cinq ans d’absence de faire la même chose en équipe de France. Il a cette aura naturelle sur le terrain. Il a toujours été au service du collectif et sait s’adapter aux joueurs. L’équipe ne doit pas tourner autour de Karim. Il faudra que tout le monde soit au meilleur niveau pour défier les plus grandes nations européennes.
Pensez-vous au record de capes en sélections ?
Je ne me suis jamais fixé de limites. Je suis plus près de la fin que des débuts (sourire). J’ai encore envie de performer, d’aider l’équipe. Il est difficile d’envisager les choses à 34 ans et de voir plus loin que cet Euro. Mais j’ai toujours la même ambition. Je n’ai jamais joué pour les chiffres. Si ça doit venir, ça viendra.