« La vie du collège Sisley restera très perturbée toute la semaine », prévoit Daniel un enseignant de cet établissement de L’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Depuis qu’une lettre anonyme de menaces de mort a été glissée, vers 10 heures, jeudi 27 mai sous la porte de la cantine des professeurs, une partie du personnel souhaite exercer son droit de retrait. Mais vendredi dernier, l’inspection académique a refusé leur demande par courrier au motif « que les conditions de sécurité des personnels au sein de l’établissement sont assurées ».
Depuis, l’établissement connaît « une situation de blocage ». « Notre hiérarchie ne prévoit pas de nous recevoir tout de suite car elle considère qu’il n’y a pas de danger grave et imminent, comme indiqué dans son courrier. Un tiers des enseignants se sont donc mis en arrêt maladie, un deuxième tiers demande encore le droit de retrait et le dernier est retourné travailler », détaille Daniel, encore « choqué » par le refus de sa direction.
Ce mardi 1er juin, une partie du personnel a manifesté vers 10 heures pour exprimer sa colère devant le siège de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, à Bobigny. Une délégation s’y était déjà rendue vendredi. « Ils ont à nouveau refusé de nous recevoir. Ce qui scandalise, c’est le sentiment que la hiérarchie abandonne les enseignants et les élèves », regrette Daniel.
Une audience accordée le 8 juin
Dans un communiqué, le syndicat SNES-FSU 93 indique que « la direction académique a accordé une audience aux personnels et parents de l’établissement le mardi 8 juin, soit dix jours après la demande dans une situation aussi grave ». Il ajoute que « les personnels de l’établissement considèrent que de tels phénomènes de violence sont générés par un abandon par les pouvoirs publics du territoire et de sa population, en particulier de ses jeunes ».
Le syndicat revendique en conséquence « un reclassement de l’établissement en réseau prioritaire renforcé ainsi que la création de postes d’AED (NDLR : assistants d’éducation) en nombre suffisant pour assurer l’épanouissement des élèves et leur réussite scolaire ».
À la suite de la lettre anonyme, une plainte a été déposée par le chef d’établissement au nom des personnels le 27 mai. L’éducation nationale précisait ce vendredi « qu’une enquête de police est en cours » et qu’elle « ne ferait aucun commentaire quant à cette situation ».
