Le show Monfils est de retour ! Comme au bon vieux temps quand le fantasque français faisait lever les foules par ses coups improbables et faisait rêver les jeunes fans de tennis. Ce mardi après-midi, sous un soleil de plomb et au terme d’un terrible duel, Gaël Monfils s’est imposé en 4 sets (1-6, 7-6, 6-4, 6-4), sur le court Suzanne-Lenglen, face au solide espagnol Albert Ramos (n° 38 mondial). Il n’est que le deuxième tricolore a décroché son sésame pour le 2e tour du tableau masculin du tournoi parisien après le jeune Enzo Couacaud dimanche.
Une victoire arrachée avec le cœur et la hargne comme souvent avec Gaël Monfils. Le temps d’un après-midi, celui qui fêtera ses 35 ans en septembre avait retrouvé une seconde jeunesse. Une cure de jouvence qu’il est allé puiser dans la présence de ses proches – son frère, ses parents et sa fiancée la tenniswoman Elina Svitolina – et d’un public bouillant et enamouré. Il sera opposé au 2e tour au Suédois Mikael Ymer (103e).
« Un grand merci, ça fait énormément de bien, c’est grâce à vous, merci mille fois, a clamé l’intéressé sur le court. C’est sûr qu’Albert est 38e, ce n’était pas un cadeau de tomber contre lui. J’ai mal démarré le match, j’étais pire qu’un diesel. L’an dernier je l’aurais perdu, mais cette année grâce à vous (NDLR : le public) on ne le perd pas. J’ai réussi à retrouver un peu de sérénité et d’énergie grâce à vous. J’avais peut-être trop envie de bien faire au début. Mon père m’a fait une surprise, ma mère est venue. Tout était réuni, le public, la famille. Dans ces conditions on ne perd pas ici. On va loin. »
L’an dernier, lors d’un singulier Roland-Garros disputé presque à huis clos et en automne en raison de la situation sanitaire, Monfils avait perdu en 4 sets dès le premier tour. Depuis l’été dernier, après la reprise du circuit, il avait accumulé les pépins et les mauvais résultats. Il n’avait remporté qu’un match lors des 10 derniers mois. Ce second succès en appelle d’autres. « Ça fait très longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien sur un terrain, j’ai fait les signes NBA, je me la suis racontée à un moment comme Rodger (Roger Federer), rigole le numéro 15 mondial. Ça fait du bien. Je me sentais bien. »
Un succès qui redonne enfin un sourire à tout un camp tricolore qui traîne sa peine depuis l’ouverture du tournoi dimanche.
