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Melun: enseignants et parents réunis autour d’un pique-nique pour réclamer plus de moyens

« Pas de moyens supplémentaires = pas de rentrée ! » Le message du pique-nique revendicatif organisé devant les grilles de la préfecture de Seine-et-Marne à Melun ce mercredi à 13 heures sonne comme une menace de la part de l’intersyndicale Snuipp77, FSU 77, CGT’Educ et Sud Education.

« C’est plutôt un avertissement à l’intention du préfet et de la directrice départementale de l’Education nationale », prévient Julien Marjault, de CGT’Educ. « On sort de quinze mois de Covid et de trois ou quatre mois perdus pour les élèves car le distanciel a montré ses limites. Nous avons eu zéro recrutement et aucun moyen supplémentaire, aucun aménagement de programmes. C’est un constat d’échec terrible et la rentrée 2021 ne s’annonce pas mieux. 136 créations de postes sont prévues pour le premier degré en Seine-et-Marne. C’est insuffisant ! Il en faudrait 800 de plus pour atteindre la moyenne nationale », s’insurge-t-il.

Selon lui, « en Finlande , il y a 13 élèves par enseignant. On en est à 18,9 ! Un tiers des écoles du département ont plus de 25 élèves par classe en moyenne et en collèges, ce sont les deux-tiers. Il faut une impulsion nationale, un recrutement massif et une hausse des salaires. Aujourd’hui, un enseignant qui débute gagne 1,35 smic contre 1,9 smic il y a quarante ans. Il manque 400 euros. Il faut revaloriser le point d’indice. »

Melun 2 juin 2021

Un exemple des revendications des professeurs des écoles (PE).

 Sophie BORDIER

Responsable départementale du Snuipp 77, Thierry Grignon ne dit pas autre chose : « C’est difficile d’envisager la rentrée dans de bonnes conditions, gérer les remplacements. Il y a 900 places de moins au concours dans l’académie de Créteil. Et en plus, il y a moins de candidats vu l’absence de perspectives pour eux… ».

Résultat : dans le premier degré, un taux d’encadrement de 5,27 enseignants pour cent enfants en 2020. « On est 103e, soit le dernier département de France en ce qui concerne ce taux d’encadrement de 18,9 élèves par enseignant », s’insurge Bruno Martoglio, secrétaire départemental de la FSU. Une position de lanterne rouge qui colle à la Seine-et-Marne depuis des années…

Melun 2 juin 2021

Présidente de la FCPE 77, Stéphanie Durel participe à ce pique-nique revendicatif pour demander davantage de moyens car selon elle, la Seine-et-Marne reste « le parent pauvre » de l’éducation du 1er degré dans l’académie de Créteil.

 Sophie BORDIER

« C’est pourquoi j’ai participé à l’initiative de ce pique-nique. Les parents d‘élèves réclament des moyens. On en a assez d’être le parent pauvre de l’académie de Créteil », s’énerve Stéphanie Durel, présidente de la FCPE 77.

Les exemples s’accumulent pour évoquer les difficultés. Ici des fermetures de classes dans les écoles de Lugny et des Marronniers, pourtant classées en secteur prioritaire à Moissy-Cramayel. Là des sections Ulis des collèges pourtant limitées à 10 élèves par classe selon les textes, mais qui grimpent à treize élèves, suite au manque de places disponibles dans les Instituts médico-éducatifs (IME) et les établissements médico-sociaux. A l’Inspection d’académie de Seine-et-Marne, on explique qu’« on répartit les moyens alloués en fonction des dotations nationales et académiques ».

« La préparation du baccalauréat 2021 inquiète les élèves et les familles », souligne Stéphanie Durel. « Au lycée Martin Luther King de Bussy-Saint-Georges, ils n’ont pas eu de philosophie pendant cinq ou six mois. Même si le contrôle continu est pris en compte dans la note du bac de philo, c’est une source de stress. Même chose pour le grand oral. Les syndicats d’enseignants n’ont pas d’informations. C’est mal organisé. On arrive en juin. Que va devenir notre jeunesse ? »