Au marché de Rungis, on vaccinera bientôt jusqu’à 12000 personnes par semaine
« Je me demandais souvent à quoi pouvait ressembler l’intérieur du marché de Rungis. Ma vaccination contre le Covid m’a permis de le savoir ! » Mano, 42 ans, d’Arcueil, ressort tout sourire du vaccinodrome qui vient d’accueillir ses premiers patients au cœur du MIN.
Le lieu a ouvert ses portes mercredi, à l’initiative de la préfecture du Val-de-Marne et de l’Agence régionale de santé, au sein d’une halle de 1 700 m2 dédiée à l’événementiel et qui vient d’être rénovée, rue Saint-Pol-de-Léon. Il fonctionne de 13 heures à 21 heures en semaine, dès 9 heures le samedi.
Il sera bientôt l’un des plus grands centres de vaccination du département avec Saint-Maur et Nogent-sur-Marne. « Nous avons reçu 4 000 doses pour nos quatre premiers jours de fonctionnement. Nous aurons 6 000 doses la semaine prochaine, pour 10 boxes de vaccination. Bientôt, nous passerons à 12 000 doses et 20 boxes », annonce la directrice du site Camille Degroote, de la Croix-Rouge Française. Le centre a affiché complet dès la première après-midi avec 747 vaccinés.
« Conditions optimales »
Sur place, l’organisation est millimétrée, à flux tendu, à l’image de la logistique ultra-performante du marché de Rungis. Même les quinze minutes de repos post-injection sont suivies au cordeau par le personnel, qui appelle les personnes les unes après les autres au micro lorsque leur temps de surveillance est écoulé.
Une armée de petites mains bien coordonnées s’active dans cette jolie halle Baltard : Croix-Rouge Française, pompiers de Paris, mairies de Chevilly-Larue et Rungis, salariés de la Semmaris (la société gérant le MIN), personnel médical…
Un peu plus loin, une haie de dix pompiers de la BSPP attend les patients devant chaque box de vaccination. « Aujourd’hui, nous venons des casernes de Maisons-Alfort et Villejuif. Mais cela change tous les jours », confie l’un des militaires.

On est loin de l’ambiance d’un gymnase municipal ou d’une salle d’hôpital. « Les conditions de travail sont vraiment optimales », témoigne le pharmacien en plein contrôle des seringues préparées. « L’atmosphère est chaleureuse, le personnel rassurant », confie un agent. « Le parcours est fluide, je n’ai pas attendu », constate Antonin, 21 ans, de Thiais. « Je suis même en avance puisque je suis ressortie à l’heure à laquelle j’étais censée entrer », rigole Mano. Une salariée de la Semmaris, qui vient de recevoir le précieux sérum, l’avoue : « C’est très pratique que ça soit sur mon lieu de travail ! »
« C’est plus noble de vacciner que d’avoir une morgue »
Un QR code est délivré aux patients lors de la prise du rendez-vous sur Doctolib afin de ne pas payer le péage d’accès au MIN, dont le montant s’élève à 14,50 euros pour une voiture et 5 euros pour un deux-roues.
Les horaires d’ouverture n’ont pas été choisis au hasard. Le marché de Rungis œuvre surtout la nuit et le matin. « À 13 heures, il n’y a plus d’activité dans les pavillons. Il n’y a donc pas de problème de circulation pour les gens venant se faire vacciner », décrypte Dominique Batani, directeur général adjoint de la Semmaris et directeur du marché.

Le succès est au rendez-vous : « Tous les créneaux sont pleins, apprécie Camille Degroote. Mais nous allons ouvrir vendredi de nouveaux créneaux pour la semaine prochaine. Et ainsi de suite… Il ne faut donc pas hésiter à regarder régulièrement sur Doctolib pour obtenir un rendez-vous. »
La Semmaris se réjouit d’accueillir un tel équipement : « Il est plus noble de vacciner la population que d’avoir une morgue pour les défunts du Covid comme l’an dernier », résume Dominique Batani. En effet, d’avril à juin 2020, la préfecture de police avait réquisitionné un entrepôt du MIN pour le transformer en dépositoire afin de soulager les services funéraires franciliens, saturés de corps par l’épidémie.
Selon nos informations, le site devrait être ouvert au moins jusqu’à fin septembre.
Les assesseurs y seront vaccinés samedi
Ce week-end, ce sont des futurs immunisés un peu particuliers qui pousseront la porte du vaccinodrome. Rungis fait partie des quatre centres (avec Créteil, Nogent et Villeneuve-Saint-Georges) identifiés par les autorités pour vacciner toutes les personnes qui vont s’affairer autour des bureaux de vote les 20 et 27 juin prochains.
Selon une circulaire nationale, les communes avaient jusqu’au 21 mai pour faire remonter à la préfecture le nombre de personnes qui n’étaient pas encore protégées du Covid-19. Assesseurs, scrutateurs, personnels municipaux étaient ainsi prioritaires pour recevoir au moins une première injection avant le vote. Selon le directeur de cabinet de la préfète, une centaine de personnes sont concernées.