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La caserne de Maisons-Alfort, une ville dans la ville

Les premières notes de musique militaire résonnent avant même d’avoir franchi la majestueuse porte du fort de Charenton. Arriver dans la caserne de Maisons-Alfort, c’est pénétrer dans une enceinte historique et verdoyante, remplie d’uniformes. Sur la pelouse du fort, 80 musiciens s’entraînent en rythme et sans fausse note sur les morceaux qu’ils joueront ce samedi, à l’occasion de la première journée de recrutement* organisée à Maisons-Alfort.

La plus grande caserne clôturée de gendarmerie de France accueillera tous les jeunes qui souhaitent en savoir plus sur les métiers qu’elle propose. Qu’on soit sans diplôme ou Bac + 5, passionné de plongée ou de dressage animalier, il existe des postes disponibles. Y compris dans la musique donc, puisque c’est bien caserne Mohier que la Musique de la gendarmerie mobile s’entraîne chaque jour, notamment dans les alcôves en pierre du Fort, bâti à partir de 1841.

Et même pour qui a déjà eu l’occasion de découvrir une caserne, celle de Maisons-Alfort est impressionnante. Ici travaillent environ 1 000 gendarmes, ce qui représente, en comptant leurs familles environ 3 200 personnes. « Tous sont logés autour du Fort de Charenton, les enfants vont dans les écoles de la ville, les conjoints travaillent pour certains à Maisons-Alfort, nous sommes des habitants à part entière », insiste le commandant du site, le colonel Philippe Pons.

De nombreux échanges avec les écoles de la ville

Tous forment ainsi « une ville dans la ville », bénéficiant de verdure, d’arbres centenaires, de bureaux situés dans d’historiques bâtisses en pierre meulières… Mais pas question pour ceux qui composent la deuxième plus grande caserne de France en termes de nombre d’habitants de vivre ici sans lien avec leur ville d’adoption.



Le club sportif et des loisirs de la gendarmerie de Maisons-Alfort, avec ses 36 activités proposées, accueille même davantage de civils que de militaires parmi ses quelque 1 200 abonnés. L’accès pour 140 euros par an seulement aux équipements de la salle de sport, notamment, en attire plus d’un. « Le lien entre les gendarmes et la ville est historique, on considère que la caserne fait partie de l’ADN de Maisons-Alfort, confirme Olivier Capitanio, maire LR de la commune. Ce n’est pas une enclave et beaucoup de retraités gendarmes restent vivre dans notre commune. Il y a toujours eu des liens forts avec la ville. »

Maisons-Alfort, ce mardi. Le général Molowa et le général Debarge dirigent ensemble la caserne jusqu’à cet été et leur départ en retraite. Laure Parny

Ce n’est pas le Général Richard Caminade, dirigeant notamment du Groupement II/1 de gendarmerie mobile à Maisons-Alfort, le plus grand de France, qui dira le contraire. Lors de missions en outre-mer, ces hommes correspondent avec les élèves d’écoles de la ville en leur envoyant des cartes postales. « Nos musiciens interviennent également dans des classes de la ville », précise-t-il, invitant de nouveau les habitants au concert de rentrée de ses musiciens, ouvert à tous.

Un terrain prêté à la ville et bientôt de l’écopâturage

L’arrivée des gendarmes à la caserne remonte à 70 ans maintenant. Le lieu a connu les Prussiens après le Siège de Paris, la Wehrmacht entre 1940 et 1944 et même une école de gendarmerie entre les années 1970 et 1992. Désormais le fort octogonal abrite le siège de la région Ile-de-France pour les gendarmes et le groupement II/1 de la gendarmerie mobile. « Nous entretenons tout le Fort, mais aussi les logements autour, qui sont situés sur des terrains militaires, précise le général Eric-Pierre Molowa, commandant de la région de gendarmerie pour l’Ile-de-France. Nous ouvrons nos portes aux Maisonnais pour les Journées du patrimoine et nous travaillons de plus en plus avec la ville pour partager certains espaces. »

Maisons-Alfort, ce mardi. Les travaux d’aménagement du potager sont en cours.  Laure Parny

Un potager pour fournir des légumes bios aux crèches de la ville est en cours d’aménagement dans les douves du fort, sur un terrain de 1 700 m2 mis à disposition de la ville par la gendarmerie. « D’ici à fin juillet, ce sont une dizaine de moutons et cinq chèvres que la ville installera sur les contreforts pour créer de l’écopâturage », se réjouit le général Philippe Debarge, commandant en second de la caserne. Les caprins s’ajouteront aux abeilles de la vingtaine de ruches installées par les gendarmes près de leur chapelle. Et qui font définitivement de la caserne un agréable îlot de verdure à seulement 7 km de Paris.

*Village gendarmerie ce samedi, de 10 heures à 17 heures à la caserne Mohier, 4, avenue Busteau, à Maisons-Alfort. Démonstrations de l’équipe cynophile, de la musique de la gendarmerie mobile, ou encore des cavaliers de la Garde républicaine, mais aussi stands de la police judiciaire et de la brigade fluviale. Tél. : 01.85.56.25.53.