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Mantes-la-Jolie : séquestrés une nuit par des inconnus, ils se réfugient au commissariat

Ils sont repartis avec leurs mystères. Deux Turcs d’une trentaine d’années ont donné, plusieurs heures durant, du fil à retordre aux policiers du commissariat de Mantes-la-Jolie. Jeudi matin, ces deux hommes se présentent au commissariat, pieds nus, en hurlant dans leur langue maternelle. Sur les dents en raison du contexte terroriste, les policiers locaux les braquent, les menottent et les maîtrisent. Mais ils comprennent rapidement que les deux hommes semblent bien victimes. Il leur faudra attendre l’arrivée d’un interprète pour que les forces de l’ordre en apprennent un peu plus.

Les deux hommes, qui vivent aux Pays-Bas, expliquent s’être rendus à Marbella, un haut lieu du trafic de drogue en Espagne, pour « faire la fête » quelques jours. Mais ils sont tombés en panne sur le chemin du retour et ont fait appel à des « amis » de Mantes-la-Jolie. De retour en France, ces derniers les ont conduits dans un appartement de Gassicourt où ils sont restés confinés toute une nuit.

Par sécurité, les victimes préféraient rester au commissariat

Sur place, ils ont été menacés, déshabillés et ont subi des simulacres de viol. Ils ont finalement réussi à s’enfuir au petit matin. « En audition, ils nous expliquent que leurs amis avaient perdu 60 000 euros dans un investissement et qu’ils leur demandaient de rembourser. Ils disent ignorer pourquoi c’est tombé sur eux. Mais cela ressemble fortement à une dette de stupéfiants, explique une source proche du dossier. Ils ont toutefois réellement été séquestrés. Le bornage téléphonique le confirme. »



Les déclarations s’emmêlent un peu et, sans plainte, les policiers, en accord avec le parquet de Versailles, s’apprêtent alors à les remettre en liberté. Sauf que les deux hommes ne veulent pas sortir. Leurs ravisseurs ont envoyé, à leur famille aux Pays-Bas, une photo du commissariat avec un message très clair : « Quand ils sortent, on les tue. » Ils refusent donc de quitter la police… qui n’a aucune raison de les garder. Les policiers sont bien ennuyés. Finalement, au bout de plusieurs heures, ils partiront discrètement du commissariat, en taxi, avant de rejoindre les Pays-Bas.