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«Sorore» : que vaut l’album du trio Vitaa, Camélia Jordana et Amel Bent ?

Trois voix en harmonie. C’est le concept de « Sorore », l’événement musical de la semaine, le premier album d’un trio que personne n’avait vu arriver, réunissant Camélia Jordana, Amel Bent et Vitaa. Sur le papier, rien ne les prédisposait à travailler ensemble. Sauf que ces trois chanteuses sont gérées par la même équipe de management, qui s’occupe également de Gims, Dadju et Slimane.

À force de se croiser en studio ou dans les bureaux de leurs agents, ce projet choral, est né des moments passés à chanter les titres des unes et des autres. Enregistré en seulement quelques semaines, ce disque arrangé par le producteur Renaud Rebillaud, qui travaille également pour Kendji Girac et Amir, devait initialement se limiter à un seul titre, une reprise du très engagé « Marine » de Diam’s, sorti initialement en 2006, évoquant alors la montée en puissance de Marine Le Pen.

Cette chanson en forme de lettre ouverte à l’actuelle présidente du Rassemblement national, avait déjà beaucoup fait réagir à l’époque… En le reprenant en 2021, à un an d’une nouvelle élection présidentielle, la démarche des trois chanteuses n’est pas passée inaperçue. L’annonce de ce projet surprise a même été accompagnée de l’énigmatique message « J’emmerde qui ? » sur leurs réseaux sociaux respectifs. Mais le reste de cet album est loin, très loin de la politique.

Ce « Sorore », le terme latin pour le terme « sœur », très employé par les militantes féministes est composé de dix reprises, en trio, de chansons des trois artistes. Des morceaux beaucoup moins engagés que « Marine ». À l’image du deuxième extrait dévoilé avant la sortie de cet album, « Ma sœur » de Vitaa, où l’artiste raconte comment sa meilleure amie a couché avec son petit ami. Du côté du répertoire de Camélia Jordana, c’est son excellent « Non, non, non » et « Moi, c’est », extraits de son premier disque paru en 2010, qui s’offrent de nouvelles versions en douceur. Tout comme les tubes « Ne retiens pas tes larmes », « Où je vais » d’Amel Bent, et « Pourquoi les hommes » de Vitaa.

L’ensemble séduit par ses arrangements suaves qui s’enchaînent d’une chanson à l’autre. Aucune des artistes ne prend le pas sur les deux autres. Car dans ces nouvelles versions, il n’est pas question de démonstration vocale. Bien au contraire. Malgré leurs timbres différents, les voix s’entrelacent pour ne faire qu’un seul et même ensemble. Un sentiment renforcé par trois interludes entièrement a cappella, qui font de ce « Sorore » un objet musical non identifié.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

« Sorore », Amel Bent, Camélia Jordana et Vitaa. (Universal Music, Indifférence Prod)