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Les héritiers d’un collectionneur de Pierrefonds mettent en vente des trésors impériaux

Les passionnés du Second Empire seront nombreux sur Interenchères, le site de vente aux enchères en ligne, ce dimanche à 14h30. Des témoignages rares sont mis en vente par les héritiers du docteur Ferrand, un collectionneur chevronné qui a vécu à Pierrefonds au début du siècle dernier.

Pierrefonds, cette ville dont l’impératrice Eugénie s’était prise d’affection. L’Espagnole, amie d’Eugène Viollet-le-Duc, suivait avec grande attention la reconstruction du château ordonné par son mari.

Les quarante lots sont en vente au Havre (Seine-Maritime), et non dans l’Oise où les pièces ont longtemps séjourné. « L’une des descendantes habite là-bas, révèle l’expert compiégnois mandaté par les descendants, Pierre Grignon-Dumoulin. Et la famille ne voulait pas provoquer trop d’émotion auprès des locaux passionnés d’Histoire. »

Au lendemain du centenaire de la mort de l’impératrice Eugénie, l’an passé, et à la veille de la réouverture du musée de l’impératrice restauré, prévu en octobre au château de Compiègne, ces objets sont ainsi teintés d’actualité. D’ailleurs, le château de Pierrefonds consacre à la souveraine une exposition « Eugénie Impératrice de la Mode », du 18 juin au 19 septembre.

Lettre rédigée par le prince impérial Louis-Napoléon Bonaparte à son majordome et ami, Xavier Uhlmann, en date du 30 avril 1879, un mois avant sa mort. Il fut tué en Afrique par les Zoulous le 1er juin. Il avait 23 ans. DR

Une partie de la collection est au château de Compiègne

« Cela paraît si proche et si lointain à la fois. C’est émouvant de lire ces courriers entre le Prince et son valet, Uhlmann, sa correspondance avec sa mère, l’Impératrice, alors exilée en Angleterre, témoigne l’expert qui les a eus entre les mains. Ces souvenirs nous font entrer dans l’intimité de cette famille et nous font redécouvrir le destin tragique de ce jeune prince mort de plusieurs coups de sagaie en terre Zoulou, en Afrique. » Le télégramme du rapatriement du corps est également en vente.

– Napoléon, Prince Impérial
Tirage sur papier albuminé contrecollé sur carton du prince impérial, fils de Napoléon III, daté du 16 mars 1874 et contre signé. Mis aux enchères 120 euros.
 DR

Le château de Compiègne qui détient l’uniforme dans lequel est mort le prince et les sagaies assassines, n’a pas souhaité révéler s’il comptait participer aux enchères et ainsi compléter sa collection. Une collection qu’il a héritée de la Ville de Compiègne, qui l’avait hérité… du docteur Ferrand.

« Le docteur Ferrand acquit un millier de pièces de mobilier et d’objets ayant appartenu à la famille impériale lors des ventes du contenu de leur résidence anglaise de Farnborough Hill, en 1927, précise Pierre Grignon Dumoulin. Il installa tout d’abord sa collection à Pierrefonds, avant d’en faire don à la ville de Compiègne, qui la déposa immédiatement au musée national du château de Compiègne, où elle se trouve toujours, au musée de l’Impératrice. »

Ces lettres manuscrites seront certainement très disputées. En effet, elles sont mises à prix entre 80 et 200 euros.

Renseignements : lehavreencheres.com ou artemisestimatons.com.