Elle est une figure de la presse people et une proche du couple Macron. Interpellée tôt jeudi matin à son domicile et placée en garde à vue, Michèle Marchand dit « Mimi » a été mise en examen ce samedi pour subornation de témoin et association de malfaiteurs. La « papesse » des paparazzis a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire après deux jours d’audition dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le Parquet national financier (PNF).
Son contrôle judiciaire strict lui interdit les déplacements à l’étranger mais également de rencontrer Nicolas Sarkozy et Hervé Gattegno, directeur des rédactions de « Paris Match » et du « Journal du Dimanche » avec qui elle travaille. Mimi Marchand va faire appel de cette décision qui l’entrave dans son travail.
« Elle conteste tous les faits qui lui sont reprochés », commente auprès du Parisien son avocate, Caroline Toby. « En sa qualité de journaliste, elle a simplement organisé une interview, une séance photo. Tout le reste lui est étranger », assure Me Toby.
Dans ce dossier, quatre autres personnes doivent également être présentées à un juge ce samedi. Parmi elles, Arnaud de la Villesbrunne, publicitaire et ancien directeur de l’agence Publics, Noël Dubus, un escroc déjà condamné ainsi que l’homme d’affaires Pierre Reynaud.
Cette enquête porte sur des soupçons de « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs » relatives à un entretien accordé en novembre dernier par Ziad Takieddine au journaliste de Paris Match, qui s’était rendu au Liban avec un photographe de BestImage, l’agence de presse de Mimi Marchand. C’est un nouveau front qui s’est ainsi ouvert dans l’affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
La volte-face de Takieddine
Dans l’entretien de novembre au coeur de cette nouvelle enquête, qui avait également fait l’objet d’une diffusion vidéo sur BFMTV, M. Takieddine avait retiré ses accusations contre l’ex-chef de l’Etat. « M. Sarkozy n’a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle, ni M. Kadhafi ne pouvait le faire parce qu’il ne le faisait jamais », avait-il notamment déclaré.
L’ancien Président et plusieurs de ses proches s’étaient félicités de ces rétractations parues dans la presse qui remettaient en cause la légitimité du dossier. Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption, recel de détournements de fonds publics, financement illicite de campagne électorale et association de malfaiteurs dans l’affaire libyenne.
Deux mois plus tard, interrogé le 14 janvier à Beyrouth par les juges d’instruction Aude Buresi et Marc Sommerer chargés du dossier libyen, l’intermédiaire, connu pour sa versatilité, avait déclaré qu’il ne « confirm (ait) pas les propos » de l’entretien.
Tout en confirmant le verbatim issu des vidéos, M. Takieddine a ainsi prétendu dans cet interrogatoire, dévoilé par l’AFP, que ses propos de novembre avaient été « déformés » par Paris Match, qui « appartient à un ami de Sarkozy ».
Plusieurs fois condamnée dans le passé, Mimi Marchand s’est reconvertie, il y a 30 ans avec succès dans la presse people où elle fait aujourd’hui la pluie et le beau temps. Carnet d’adresses bien rempli et ami des célébrités, Michèle Marchand est réputée proche de Carla et Nicolas Sarkozy, mais aussi du couple présidentiel actuel.
