Au bout d’un troisième set à suspense remporté 16-14, Barbora Balazova s’écroule, terrassée par l’émotion. En larmes, la Slovaque de 29 ans vient d’offrir le troisième point (3-0) synonyme de victoire en finale retour du championnat de France de Pro A. Ses coéquipières (dont Camille Lutz, 18 ans, et Leïli Mostafavi, 21 ans) se précipitent en une seconde pour célébrer ce premier sacre de l’histoire du ping dyonisien. Une joyeuse farandole devant un public du chaudron de « La Raquette » en fusion. « Vous vous rendez compte, on a débuté la saison pour jouer le maintien, et nous voilà championnes de France ! » La capitaine Qiwen Xiao ne réalise pas non plus l‘exploit réalisé par son équipe.
Un mois après la victoire en finale de la Coupe d’Europe ETTU, Saint-Denis inscrit aussi son nom au palmarès du trophée national de Reines de France. Battues à l’aller (3-2), les partenaires de Balazova n’ont jamais tremblé lors de cette finale retour, reportée de deux semaines en raison de cas contacts au Covid-19 dans les rangs messins.
« De là-haut, il doit être fier de nous »
En une heure 45, Saint-Denis a terrassé son adversaire, en jouant sur la stratégie d’équipe. Après le sans-faute initial de la Franco-Monégasque (née chinoise) Xiaoxin Yang contre Adina Diaconu, Prithika Pavade a pris ses responsabilités en s’alignant en deuxième match. La prodige du 93, qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo à seulement 16 ans, a étouffé l’autre roumaine Daniela Monteiro-Dodean (33 ans) en trois sets secs. « On a fait un sans-faute, savoure la championne d’Europe espoirs 2020. Après le match aller, ça restait du 50-50, mais on a su réagir et se motiver. »
Une motivation sans doute tirée d’une saison marquée d’entrée par le décès brutal de leur entraîneur Nicolas Greiner en octobre. « C’est la victoire de Nicolas. De là-haut, il doit être fier de nous, », confie Balazova, avant de réclamer une coupe de champagne pour se remettre de ses émotions. « C’est lui qui a créé ce groupe, ajoute Prithika Pavade, venue au tennis de table du côté du Bourget sous les ordres de Greiner. Il a pris une part prépondérante dans ce sacre. »
Avec quatre pongistes sélectionnés pour les prochains JO de Tokyo (Pavade, Balazova, Xiaoxin Yang et le Français Alexandre Cassin), Le club du président Molet vit une saison qui entrera dans son histoire comme le clamait haut et fort le speaker du Sdus : « Ce soir, les Rois de France doivent se retourner dans leur tombe de la basilique… »
