Après une année rythmée par les confinements et le couvre-feu, le rêve de pouvoir communier en plein air pendant l’Euro de football. À Saint-Denis, la ville et plusieurs associations locales travaillent à l’ouverture de fan-zones, avec plusieurs écrans géants qui retransmettraient notamment les rencontres des Bleus, à partir du 15 juin pour France – Allemagne, 21 heures.
C’est le cas de l’association de solidarité 7 Dreams, qui a obtenu de la mairie de pouvoir s’installer au vélodrome municipal, situé sur l’avenue de Stalingrad, au cœur de la cité Salvador-Allende, dans les quartiers nord de la ville. Elle s’est alliée à deux associations sportives de la ville pour l’organisation : A.B. Saint-Denis et PraTTique.
La jauge serait fixée à 300 personnes, limite contrainte à la fois par les restrictions sanitaires actuelles mais aussi par l’UEFA, qui fixe ce seuil pour la diffusion de rencontres en public sans contrepartie financière. Des animations, avec notamment des matchs de foot et du beach soccer, pourraient être mises en place avant les matchs.
« Des fan-zones, on en a toujours fait dans le quartier, à notre échelle »
« Nous espérons pouvoir mettre en place plusieurs points comme celui-ci pour retransmettre les matchs dans différents quartiers », confirme la ville de Saint-Denis, qui attend encore le feu vert de la préfecture de Seine-Saint-Denis. « Nous avons proposé un dispositif, qui permettrait de remplir toutes les conditions sanitaires », précise-t-elle.
« Après une année comme celle qu’on vient de vivre, on s’est dit qu’il fallait qu’on se retrouve ensemble, en plein air, pour vivre des moments forts et créer du lien social. Il n’y a pas beaucoup de collectivités qui ont prévu de mettre en place des fan-zones avant les quarts de finale, alors on a décidé de se mobiliser », explique Mohamed Abdi, à la tête de l’association 7 Dreams, qui se veut « optimiste » quant à la décision des services préfectoraux. Le 4 juin, Roxana Maracineanu, la ministre déléguée chargée des Sports, avait confirmé que des fan-zones pourraient bien se mettre en place durant l’Euro.
« Des fan-zones, on en a toujours fait dans le quartier, à notre échelle, poursuit le président. On a toujours diffusé des rencontres des grandes compétitions comme l’Euro, en mettant une petite télé dans la cité. Et on était toujours au moins une vingtaine à regarder les matchs », poursuit-il.
Après l’Euro, les JO de Tokyo ?
Cette fois, l’association née juste avant la crise du Covid, début 2020, a voulu « se donner les moyens de faire quelque chose de plus important ». Mais aussi de très cadré, pour faire en sorte de respecter les gestes barrière. « On mettra en place un protocole sanitaire pour bien respecter les distanciations sociales », poursuit Mohamed Abdi. Une vingtaine de bénévoles seront mobilisés par l’association.
La ville de Saint-Denis s’est aussi engagée à fournir des masques et du gel hydroalcoolique aux supporters. La lutte contre l’épidémie de Covid-19 les contraindra également à rester assis. Après l’Euro, le vélodrome pourrait être utilisé dès les prochains JO de Tokyo, pour soutenir notamment la jeune Prithika Pavade, toute jeune joueuse de tennis de table du club de Saint-Denis (16 ans), lors de ses rencontres. Ou encore en 2023 pour les matchs de la future Coupe du monde de rugby en France.
Saint-Denis n’est pas un cas isolé. Noisy-le-Grand est aussi dans les starting-blocks. C’était la seule commune d’Ile-de-France à avoir ouvert une fan-zone d’envergure – jusqu’à 3 000 personnes pouvaient s’y rassembler – lors de la dernière Coupe du monde de foot, en 2018.
La municipalité a décidé de rééditer l’expérience pour l’Euro… mais a minima. Les jardins de l’hôtel de ville devraient accueillir les supporteurs à partir des quarts de finale, début juillet, une fois le couvre-feu supprimé et les élections départementales et régionales passées. Les dernières modalités font actuellement l’objet de discussions entre la ville et la préfecture de Seine-Saint-Denis.
