Une vengeance tragique et ultraviolente sont, en résumé, les éléments de cette histoire tragique survenue un matin d’hiver dans la banlieue sud de Paris. Six hommes, âgés de 29 à 49 ans, ont été mis en examen pour assassinat, jeudi soir à Évry (Essonne), avant d’être écroués. Ils sont soupçonnés d’avoir battu à mort un peintre en bâtiment de 44 ans, le 1er décembre alors qu’il se rendait sur un chantier à Palaiseau.
Ce matin-là, vers 8 h 30, les forces de l’ordre sont appelées rue Gallieni pour un homme retrouvé inconscient et gisant sur le sol. « Sur les lieux, plusieurs témoins expliquent que la victime a été attaquée par quatre hommes armés de battes de base-ball et de feuilles de boucher ». Les enquêteurs retrouvent abandonnés sur place une batte et les morceaux d’une seconde qui s’est brisée tellement les coups étaient violents.
La victime, qui habite Argenteuil (Val-d’Oise), est conduite en urgence absolue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (XIIIe). Elle succombera durant la nuit des suites de ses blessures. « L’autopsie révèle que le quadragénaire est mort d’un traumatisme crânien provoqué par les coups portés sur sa tête à l’aide d’objets contendants et tranchants », ajoute une source proche du dossier.
Les tueurs sont venus à bord d’une Mitsubishi noire
Trois jours plus tard, les enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire de Versailles sont chargés de mener les investigations. L’étude des images de vidéosurveillance et l’aide d’un témoin qui a pris en photo la plaque d’immatriculation, permettent d’identifier la voiture des agresseurs. Les tueurs sont venus à bord d’une Mitsubishi noire immatriculée au Danemark. La voiture n’est pas volée et appartient à un entrepreneur d’origine pakistanaise installé à Garges-lès-Gonesse. Les fonctionnaires suivent cette piste et parviennent même à identifier le magasin de sport où les battes de base-ball ont été achetées peu avant les faits. Ils complètent leurs investigations avec de la téléphonie avant d’identifier les six auteurs présumés de ce guet-apens.
Lundi 31 mai dernier, les six hommes sont interpellés à leurs domiciles dans le Val-d’Oise avant d’être placés en garde à vue à Versailles. Ce meurtre serait une vengeance suite à un conflit né au Pakistan. « Les auteurs et les commanditaires étaient animés par un contentieux intracommunautaire ancien, explique une source. Il s’agirait d’une agression encore obscure survenue quelques années auparavant au Pakistan ». Les auditions des tueurs présumés n’auraient pas encore permis de faire toute la lumière sur les ressorts de ce crime.
