À Roland-Garros, «le tennis français vit encore grâce au double» : Herbert et Mahut, ces Bleus qui gagnent
« Allez les bleus, Allez les bleus… » Le refrain est bien connu des supporters de l’équipe de France de football. Moins de ceux de la petite balle jaune, plus habitués aux échecs et déceptions des Tricolores sur les courts. Encore plus cette année où les joueurs(e)s français(es) n’ont même pas dépassé — triste première historique — l’écueil du 2e tour du tournoi de la porte d’Auteuil.
Pourtant, c’est bien sur le court Suzanne-Lenglen de Roland-Garros que ces chants ont accompagné la sortie de Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut ce mardi après-midi. Le duo s’est qualifié pour le dernier carré du tableau des doubles messieurs après sa démonstration (7-6, 6-1) face au binôme Brkic (Bos)/Cacic (Ser). Une longue ovation finale, accompagnée des « on est en demies, on est en demies » du public, qui, en exagérant légèrement, a duré plus longtemps que le dernier set de la partie expédié en 26 minutes.
« J’avais les frissons en entrant sur le terrain »
Derniers représentants français encore en lice dans le tournoi — hormis les juniors dont l’épreuve vient de débuter —, Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut peuvent compter sur le soutien des supporters depuis le début de l’aventure parisienne. Lors de leur 2e tour, sur le court 14, le public les avait portés jusqu’à la limite du couvre-feu à 21 heures. « À la fin du match, on se disait que la dernière fois qu’on a vécu ça, c’était la finale de la coupe Davis à Lille (2014), expliquait Mahut. La chance que l’on a, c’est qu’on a joué sur une annexe. Sur le Central, le Lenglen ou Simonne-Mathieu, le court n’est pas rempli. J’avais des frissons en entrant dans le terrain. »
Des frissons qui ont encore parcouru l’échine des supporters sur le Lenglen mardi. « Ça fait du bien de retrouver cette ambiance dans les stades après ce qu’on vient de vivre, savourent Arnaud, 19 ans, et sa sœur Amandine, 28 ans. Le double est plus spectaculaire, ça ressemble plus à une exhibition, donc on se lâche plus dans les tribunes. On était venus pour la finale individuelle il y a deux ans et il n’y avait pas cette ambiance. Là, ça donnait la chair de poule. Le tennis français vit encore grâce au double. Merci à eux ! »
Vainqueurs de 17 titres ensemble, dont les 4 tournois du Grand Chelem qu’ils ont soulevé une fois chacun, le duo vise à nouveau la victoire finale porte d’Auteuil. « On n’attend pas que les joueurs Français fassent un mauvais tournoi en simple pour avoir envie de le gagner, smashe Nicolas Mahut, 39 ans. Mais comme on joue bien on va pouvoir parler de manière positive du tennis français, ce qui n’empêche pas tout le travail que la Fédération et l’ensemble du tennis français doivent effectuer pour que les jeunes générations commencent à avoir des résultats. »
« Je prends tout ce qu’il se dit dans la presse et en général, sur le simple, je le prends aussi pour ma pomme, enchaîne Pierre-Hugues Herbert, 30 ans. Je ne dirais pas que c’est une motivation supplémentaire, mais on a envie de les rendre fiers. Ils viennent nous voir à chaque match. Ils nous encouragent, ils nous poussent. On n’a pas envie de les décevoir. » Le public non plus. « On va continuer de les encourager jusqu’au bout », promet Axelle, les cuisses rougies par le soleil. Le rendez-vous est d’ores et déjà pris pour la demi-finale jeudi.