Dans l’Oise, le leader mondial de la chimie au chevet des écoliers d’Espérance banlieues
L’espace d’une matinée, la petite classe du cours de la Traverse de Compiègne (Oise) s’est transformée en un véritable petit laboratoire. Lunette sur le nez, blouse blanche de petits laborantins, pipettes et tubes à essai en main, les apprentis chimistes se penchent ce jour-là sur la vitamine C.
Objectif de l’expérience : comparer la teneur de jus d’orange ou de citron selon qu’ils soient frais ou industriels. Des expériences autour des fruits et des légumes qui seront reconduites l’an prochain au sein de l’école hors contrat du réseau Espérance banlieues.
Et pour cette grande première, les apprentis chimistes scolarisés au sein du cours de la Traverse se montrent parfois un peu trop pressés. « Prenez une pipette, prenez le jus concentré, lance Olivier Parlanti, l’enseignant. Qui a dit que vous deviez faire les citrons ? Un scientifique doit faire les choses dans l’ordre. » Inès et Louis, eux, sont allés trop vite en besogne avant d’obtenir les premiers résultats. « Il faut être plus patient, on met une goutte et on attend », corrige le professeur.
Si la petite école compiégnoise (24 élèves) qui revendique des méthodes alternatives d’enseignement a pu mettre sur pied cet atelier pratique inédit, c’est grâce à un partenariat passé avec BASF. Le leader mondial de la chimie a ainsi appuyé financièrement l’école pour lui permettre de lancer le « kid’s lab ». Une innovation pédagogique déployée par le groupe dans 30 pays.
Objectif de ce partenariat lancé pour la première fois il y a cinq ans avec l’école Espérance banlieues de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) : « faire aimer la science aux enfants et découvrir la chimie de façon ludique. » « Il s’agit d’apprendre en prenant du plaisir par l’expérimentation, avec du matériel de très grande qualité », approuve Xavier Tavernier, le directeur de l’école hors contrat lancée en 2018 dans la cité impériale et 17e du réseau en France.
«L’Oise est un département important pour BASF»
« La chimie ne peut se concevoir sans la transmission d’un savoir, abonde Thierry Herning, le président de BASF France, qui a fait le déplacement pour l’ouverture de ce nouveau laboratoire. Il faut donner goût à la science. En tant que leader mondial de la chimie, il est de notre devoir d’agir pour la jeunesse. Travailler avec Espérance banlieues est devenu une évidence. »
Une évidence qui ne doit rien au hasard, dans un département où BASF est solidement implanté. « L’Oise est un département important pour nous avec la présence de l’un de nos plus gros sites, souligne Thierry Herning. L’usine de Breuil-le-Sec, notamment spécialisée dans la production de peinture pour les constructeurs automobiles, compte aujourd’hui près de 470 salariés.
Rigueur, patience et curiosité
« BASF en tant qu’acteur national, dispose de sites à proximité de certaines écoles, c’est le cas pour l’école de Compiègne, souligne Éric Mestrallet, le fondateur de l’école hors contrat. On s’est découvert des points communs, cela s’est mis en résonance. Il y avait un souci de la pédagogie sur lequel on s’est retrouvé. Les parents ont également vu l’intérêt car, au-delà d’une démarche scientifique, ces ateliers sensibilisent aussi sur l’enjeu d’une alimentation saine. »
Venue assister à la première séance, Naomi, parent d’élève, confirme : « C’est chouette de faire ça avec les enfants. Ça apporte de la rigueur, de la patience, de la curiosité… ». Sa fille, Blandine, est arrivée au sein de l’école compiégnoise en CE2. « C’était une petite fille qui refusait d’aller à l’école et qui ici reprend du plaisir et qui a de nouveau confiance en elle, confie sa mère. Désormais, elle est prête pour le collège. »