Quel que soit le résultat des élections, le canton de Pontoise sera représenté par de nouveaux visages fin juin. Les précédents conseillers départementaux, membres de la majorité, ne repartent pas. Et cette donnée a fait grincer des dents, à commencer par celles du principal intéressé. « Devant les manœuvres politiciennes qui remettent en cause l’esprit de l’union qui caractérisait l’UVO, je renonce à solliciter un nouveau mandat, je reste fidèle à mes valeurs », a ainsi récemment déclaré le sortant Gérard Seimbille.
L’élu dénonce « une remise en cause par la présidente et son cabinet de ce qui a toujours fait le ciment de la majorité Union pour le Val-d’Oise à savoir : l’union des élus de la droite républicaine dans ses différentes composantes, mais aussi du centre et des non-inscrits qui en partagent les valeurs. » Le sortant comptait se représenter aux côtés de Catherine Carpentier, nouvelle maire de Grisy-les-Plâtres. Mais il n’a pas obtenu l’investiture LR au mépris de l’avis des maires des communes rurales du canton selon lui. Gérard Seimbille a donc préféré jeter l’éponge.
La majorité municipale présente un duo rajeuni, qui incarne aussi la dualité du territoire, réparti entre la ville de Pontoise et le Vexin. Anne Fromenteil, première adjointe au maire de Pontoise chargée du secteur scolaire, de la petite enfance et de la jeunesse, s’est associée avec Paul Dubray, agriculteur et adjoint au maire à Boissy-l’AIllerie.
Un nouveau binôme pour la majorité départementale
« Depuis Gérard Claudel, je crois qu’il n’y a pas eu d’agriculteur au conseil départemental », pointe le candidat bien décidé à faire entendre la voix de la ruralité. « Nous entendons beaucoup de parcours du combattant au sein des municipalités de villages. Nous voulons leur faciliter la vie. Sur les 32 communes du canton, 21 ont des nouveaux maires qui ne savent pas forcément vers qui se tourner. Nous leur proposerons au moins une rencontre trimestrielle. »
Le duo de droite, soutenu par LR, Libres ! et l’UDI, a également mis la sécurité dans les collèges au cœur de son programme. « Nous connaissons les difficultés actuelles que rencontrent ces établissements », souligne Anne Fromenteil en faisant allusion à la montée de climats violents et du phénomène de harcèlement. « Nous allons densifier la présence des assistances sociales dans les collèges pour être à l’écoute des familles et faire baisser les tensions. »
L’arrivée de ces nouveaux candidats de la droite ne fait pas l’unanimité. C’est clairement suite à l’abandon de Gérard Seimbille que Marc Giroud, maire de Vallangoujard et ancien président du parc naturel régional (PNR) du Vexin, a décidé de se présenter accompagné de Catherine Champion-Bourdou. « Gérard Seimbille était quelqu’un de consensuel. Nous assistons à une droitisation de la droite départementale du Val-d’Oise qui était jusqu’à présent ouverte », déplore Marc Giroud.
Une autre candidature à droite
Le binôme, soutenu par LREM, le MoDem ou encore le Nouveau centre, assure : « Le département a été bien géré, mais il faut donner un sens supérieur à son action, estime l’ancien président du PNR. Nous voulons mettre la barre vers l’écologie, il y a urgence. Notre objectif, c’est d’améliorer la santé environnementale. Que l’air respiré par les habitants du territoire, l’eau qu’ils boivent, soient de meilleure qualité. »
L’écologie est aussi au cœur du projet défendu par Bénédicte Ariès, élue d’opposition à Pontoise, et Julien Foucou qui ont uni leurs étiquettes EELV et FI à l’occasion du scrutin. « Nous voulons offrir une alternative sociale et écologique aux habitants du canton », explique Julien Foucou. « Les collèges, dont le département a la charge, doivent devenir le pivot de la transition écologique : on peut tendre vers le bio et le local à la cantine, moduler les tarifs jusqu’à la gratuité, reboiser les espaces extérieurs. »
La sécurité dans les collèges, une préoccupation commune
Le binôme de gauche n’est pas le seul à vouloir allier les dimensions sociales et écologiques. Sandra Nguyen-Derosier (PS), conseillère municipale d’opposition à Pontoise, se présente avec Edwin Legris (Génération écologie), élu d’opposition à L’Isle-Adam. Dans leur programme, on retrouve une attention particulière pour les problèmes de violence dans les collèges. « Nous voulons missionner du personnel spécialisé pour travailler sur la prévention, on ne peut pas laisser nos jeunes comme cela, souligne Sandra Nguyen Derosier. Dans un autre domaine, nous défendons l’idée de créer des centres de santé publique départementaux et voulons œuvrer pour que l’hôpital de Pontoise devienne centre hospitalier universitaire. » Une troisième candidature de gauche vient compléter le tableau, celle du PRG avec Bouchra Bougara et Richard Norzielus (habitant non étiqueté).
Face à une droite traditionnelle divisée et une gauche éparpillée, l’extrême droite compte consolider sa présence déjà traditionnellement forte sur le canton. Christian Barbarit, Pontoisien retraité de la Chambre de commerce de Versailles, se présente pour la première fois, en tandem avec Stéphanie Henry ex-élue d’Argenteuil. Comme dans les autres cantons, le parti met l’accent sur l’immigration. « Il faut mettre fin à l’accueil des migrants mineurs soi-disant isolés. » Et insistent sur la sécurité dans les collèges. « Le département peut apporter une aide financière pour renforcer les polices municipales qui interviendraient aux abords des établissements. »
Fiche d’identité
Population : 54 683 habitants
Les candidats : Bénédicte Ariès (EELV) et Julien Foucou (FI), Anne Fromenteil et Paul Dubray (DVD), Sandra Nguyen-Derosier (PS) et Edwin Legris (Génération écologie), Christian Barbarit et Stéphanie Henry (RN), Bouchra Bougara (PRG) et Richard Norzielus, Catherine Champion-Bourdou et Marc Giroud (centre)
Premier tour : Sophie Borgeon et Gérard Seimbille (UMP) 37,29 %, Marie Bidault et Richard Passard (FN) 27,45 %, Ayda Hadizadeh et Leo Moreau (PS) 20,62 %, Bénédicte Aries et Pascal Piedeleu (EELV) 9,49 %, Abdel Benessalah et Laurence Compagnon-Ravet (FG) 5,14 %
Second tour : Sophie Borgeon et Gérard Seimbille (UMP) 68,82 %, Marie Bidault et Richard Passard (FN) 31,18 %
