À peine inscrit dans le concours de pronostics, Hubert a parié qu’il ferait le tour de Paris en slip sur un Vélib’, s’il finissait dernier de sa ligue sur Mon Petit Prono. Dans la dernière ligne droite avant le début de l’Euro 2021, décalé d’un an pour cause de pandémie, les applications et les sites Internet dédiés aux pronostics tournent à plein régime.
« Nous avons encore enregistré 50 000 nouveaux inscrits rien que lundi », s’enthousiasme Martin Jaglin, patron de Fantaleague, la jeune pousse derrière l’application gratuite Mon Petit Prono, qui compte déjà 450 000 joueurs et plus de 55 000 ligues. Ses dirigeants tablent sur au moins 800 000 participants d’ici le coup d’envoi de Turquie-Italie vendredi soir.
Organisés avec des tableaux Excel ou sur des feuilles volantes, les concours de pronostics ont changé de braquet avec l’arrivée des applications et des sites Internet qui permettent de créer et partager la compétition en quelques clics.
Après le boom de la Coupe du monde 2018, les utilisateurs ont pris l’habitude de se défier entre amis, famille ou collègues. De quoi mettre du piquant avant de regarder des matchs plus ou moins palpitants.
Un vrai marché se structure
L’appétence des Français pour les concours de pronostics prend encore une autre dimension cette année. « Il y a une euphorie post-confinement, les gens se retrouvent et parlent entre eux de pronostics, c’est un accélérateur d’échanges et de rigolades » avance Martin Jaglin.
« Cela recrée du lien social et de l’engouement dans les boîtes », complète Adrien Bayles, dirigeant de Pronocontest, une PME de Montpellier qui fournit des concours clé en main pour les particuliers et les CE des entreprises. Depuis une dizaine de jours, il voit revenir une audience sur l’application mobile (Android et iOS) comparable à celle de 2018 – environ 70 000 participants – pour une compétition, l’Euro, qui historiquement attire moins les foules.
Entièrement gratuits et/ou récompensé par des lots, les concours de pronostics sont devenus un vrai marché notamment les solutions à destination des entreprises. De nouveaux acteurs sont entrés sur le terrain depuis quelques saisons : Ccup.io, Corporico ou Scorecast se disputent les parts de marché.
« C’est encore un marché de niche mais de nombreuses sociétés y dépensent cette année les budgets qu’elles auraient en temps normal mis dans un événement physique où elles invitent 500 personnes, il y a un vrai besoin de renouer le lien », conclut Adrien Bayles.
