Vous êtes plutôt mur de blocs ? Plutôt cordes ? Vous avez le pied affûté, la main sûre de l’initié, ou bien l’hésitation et le tâtonnement du débutant ? Petit ou grand, trapu ou fluet, peu importe, ici tout est permis et tout est conçu pour faire aimer « la grimpe » aux tout-petits comme aux papys, sur 4 000 m2 entièrement dédiés au plaisir de l’escalade, dont 2 000 m2 de blocs : à deux pas de la place d’Italie (XIIIe), Climb Up (*), dernière née du groupe leader de l’escalade à cordes en France et plus grande salle de l’hexagone, ouvre « enfin » après 5 mois d’attente sur son ouverture initialement prévue en février dernier.
Des voies pour les débutants comme les confirmés
De quoi donner des fourmis dans les jambes des moniteurs encadrants de ce multiplexe d’espaces de grimpe de différents niveaux, offrant au total 30 lignes de voies et 240 voies aux amateurs, sur des murs pouvant atteindre 11 mètres, et deux espaces enfants. Des petits veinards, qui ont d’ailleurs eu le privilège de profiter du nouveau lieu depuis le 19 mai dans les conditions les plus VIP qui soient, puisqu’ils y étaient les seuls autorisés, dans le cadre scolaire et périscolaire, avec les militaires et les sportifs « sur prescription médicale ».
Oublier la crise sanitaire
Pour les autres, c’est ce mercredi le jour J, avec un soulagement partagé dans toutes les salles de sport, mises en péril par les confinements successifs et malgré leurs demandes répétées de réouverture, études et protocoles sanitaires à l’appui. Manifestations, rendez-vous et courriers n’y ont rien changé, partout depuis 5 mois les tapis de sols sont restés entassés. Est-ce la fin du purgatoire ? Les professionnels se montrent plutôt optimistes. « Le premier confinement avait été terrible car nous n’avions pas été reconnus ni considérés, donc pas accompagnés, mais il y a eu un déclenchement et de véritables discussions au 2e confinement, c’est monté en puissance et l’Etat a compris que nous avions besoin d’aide », admet Virgile Caillet, délégué général de Sport et Cycles, la principale union des entreprises de la filière sportive. En visite au pied des murs de Climb Up, ce mardi avec le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, le représentant des gérants de salles compte sur l’engouement exceptionnel qui perdure pour l’escalade, pour faire oublier la crise sanitaire. « Il y aura des défaillances, craint-il, mais si le rebond est là, il n’y aura pas trop de dégâts ». Un optimisme partagé par le patron du Medef, selon qui « les semaines à venir seront positives, ce qui compte est que cela s’inscrive dans la durée. Les salles de sport ont souffert, comme beaucoup d’autres secteurs ».
Un espace de 4 000 m2 ouvert de 8 heures à minuit
Dans l’immensité colorée de Climb Up en tout cas, l’on espère rattraper le temps perdu d’une ouverture restée longtemps une inconnue : ouvert de 8 heures à minuit, 7 jours sur 7, le complexe hisse haut ses ambitions, et les mesures sanitaires sont ici moins contraignantes que pour d’autres : sur 4 000 m2 dédiés à un sport dans lequel de toute façon, le coude à coude serait plutôt dangereux, la jauge restreinte permet tout de même d’accueillir 227 personnes. « En capacité normale on s’attend à 1 300 personnes par jour, ce qui est parfaitement fluide avec des plages horaires si étalées », précise une responsable, en parcourant les 200 m linéaires de blocs du sous-sol. Plus on avance, plus la difficulté se corse. L’équipe de France jeune et senior y a d’ailleurs organisé un stage d’entraînement il y a quelques semaines, en conditions de compétition, en prévision des Jeux olympiques de Tokyo. « C’est la première fois que l’escalade est discipline olympique, elle le sera encore plus à Paris en 2024, cela participe de l’engouement auquel on assiste depuis quelques années », estime cette responsable. Depuis 2017, la demande est en progression constante, de 5 % par an selon les professionnels.
Les enfants accueillis dès 3 ans
Climb up se veut aussi « plus qu’une salle d’escalade ». « C’est un lieu de vie, et un endroit pour tous les âges, tous les publics, c’est la nature de ce sport de permettre à tout le monde d’y prendre plaisir ». Et cela commence tôt, très tôt : dès 3 ans un enfant peut s’essayer aux prises multicolores. Une école d’escalade propose des cours par tranches d’âge et de niveau, « sur toute l’année nous avons 34 créneaux pour accueillir les enfants de 3 à 18 ans », précise une représentante de la salle. Le niveau blocs comprend aussi un sauna-hammam et des douches…. pour l’instant fermés, pour cause de protocole sanitaire.
Au rez-de-chaussée, dédié à la restauration et à l’accueil, place à la détente, avec vue plongeante sur les murs: un « studio bien-être » proposera un cabinet d’ostéopathie-massage et des ateliers de yoga et de préparation à l’effort. Côté cuisine, Climb Up entend se démarquer du seul concept « sport », et donner envie de prolonger le séjour. « Les 5 mois d’attente nous ont permis de beaucoup travailler cet aspect, explique Laurine Baguelin, la directrice adjointe. Nous avons eu envie de travailler avec des gens qui ont des histoires, de sourcer nos produits, de valoriser des savoir-faire qui se rencontrent ici ». Elsa et Justin, jeunes traiteurs parisiens dont les produits 100 % de saison ne parcourent pas plus de 50 km, et l’association Food2Rue, qui permet à des femmes isolées et éloignées de l’emploi, assurent le côté cuisine. Deux brasseurs parisien et normand, un torréfacteur et un fabricant d’infusions et de thé franciliens remplissent les verres.
(*) 18 avenue d’Italie (XIIIe), tarifs et informations sur https://paris-porteditalie.climb-up.fr/
