Mega 24 News France

«Sweet Tooth» sur Netflix : on adore ce conte improbable

L’humanité décimée par un virus mortel qui agit par vagues successives ? Voilà un cadre guère enthousiasmant en pleine crise sanitaire mondiale. Pourtant, « Sweet Tooth », mise en ligne le vendredi 4 juin sur Netflix, séduit grâce à son héros. A l’écran, cela fait dix ans que le monde souffre d’une pandémie violente. En même temps que le virus, les hybrides sont apparus : tous les bébés naissent désormais avec une part animale plus ou moins développée.

Gus, lui, a des bois et des oreilles de cerf, ainsi que l’ouïe ultradéveloppée caractéristique de ce mammifère. Il a grandi dans les entrailles du parc de Yellowstone, aux Etats-Unis, protégé par son père du monde extérieur. Règle primordiale : ne jamais franchir les grilles de leur terrain de vie. Car des mercenaires qui se surnomment les « Derniers Hommes » chassent les hybrides pour les exterminer, car ils les accusent d’être la cause de l’apparition du virus.

Le jour où Gus franchit pourtant cette frontière interdite, le voilà embarqué dans un périple à travers le pays en compagnie d’un homme un peu bourru qui a croisé sa route. Celui-ci surnomme Gus « Sweet Tooth » (bec sucré) parce qu’il adore les friandises. En retour, le gamin l’appelle Grand Costaud, en rapport à son physique impressionnant. Grâce au point de vue du jeune héros plein d’innocence, d’émerveillement et d’enthousiasme, formidablement incarné par Christian Convery, « Sweet Tooth » prend la forme d’un conte coloré. L’histoire est d’ailleurs accompagnée d’une voix off qui appuie cette dimension. Les paysages grandioses de la Nouvelle-Zélande, où a été tournée la série, ne font qu’ajouter à la splendeur visuelle de l’ensemble.

Avec un côté obscur

Produite par la boîte de production de Robert Downey Jr et sa femme Susan, « Sweet Tooth » n’hésite pas non plus à embrasser un côté plus obscur. Deux autres personnages clés ont ainsi droit à leurs intrigues spécifiques. Le Dr Singh, d’abord, dont la femme est touchée par le virus mais parvient à survivre depuis dix ans grâce à un mystérieux remède. Amy ensuite, jeune psychologue qui vit recluse avec un bébé hybride qu’elle a recueilli. Moins attachants que Gus, ces protagonistes ajoutent néanmoins des pièces à un puzzle géant qui prend peu à peu forme au fil des épisodes.

Le tournage de cette première saison avait démarré avant la pandémie de Covid-19, et a donc dû être interrompu pendant plusieurs mois avant de s’achever à la fin de l’année 2020. La fin de ces huit épisodes en appelle d’autres. On imagine même que « Sweet Tooth », adaptée de comics américains, pourrait devenir une fresque fantastique et familiale au long cours. Croisons les doigts.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

« Sweet Tooth », série américaine de Jim Mickle (2021) avec Christian Convery, Nonso Anozie, Dania Ramirez… Huit épisodes de 37 à 53 minutes chacun.