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Avec le déconfinement, la plaisance reprend le large à Courseulles-sur-Mer

La marée monte sans bruit à Courseulles-sur-Mer en ce début de soirée du 7 juin. Dans son petit bateau, dans le bassin de plaisance, Pascal peaufine son équipement de pêche avant d’aller relever des casiers. « J’en aurai pour une heure. Je serai rentré avant le couvre feu ». Une allusion aux restrictions sanitaires, qui ont compliqué la vie des plaisanciers ces derniers mois. La fin de la règle des 10 km, début mai, a provoqué cet appel du large. Recul du couvre feu et météo somme toute plus clémente n’ont fait que renforcer cette envie de larguer les amarres.

Il y avait jusque là un problème de sécurité

Dans le bassin de plaisance, le sas est encore fermé. Pascal raconte comment il a dû ronger son frein depuis le début de la crise : « L’année dernière, on ne pouvait plus sortir. On ne comprenait pas bien pourquoi. En fait, la chaîne des secours était aussi contrainte. Donc ce n’était pas prudent d’autoriser les sorties. Sur ce troisième confinement, c’était possible mais un peu flou. Je voyais peu de bateaux dehors ». Aujourd’hui, le flottement s’est dissipé. Et en mer, ça se voit.

« Depuis la mi-mai, ça s’accélère », témoignent Benjamin et Mattéo, deux jeunes marins sur leur voilier. Même s’ils se sont étonnés de la faible affluence pour accompagner le départ de la Normandy Channel Race le 30 mai, eux aussi constatent « un redémarrage ». Preuve supplémentaire : le port de Courseulles a dénombré six visiteurs le dernier week-end de mai. « Pas mal pour la période », souligne Aurélien Marie, le maître de port. « La fin des 10 km s’est sentie aussitôt. Le week-end de l’Ascension, on avait beaucoup de monde. »

La barrière du couvre-feu levée

Le couvre-feu, ou ce qu’il en restait, a néanmoins joué les trouble-fêtes. Le passage à 21 heures a donné plus de marge, mais les bateaux devant être à quai pour l’horaire fatidique, impossible de se lancer dans de longues balades en mer. « Ça restait une limite, déploraient en ce début de semaine les jeunes skippers. Il y en a d’autres, comme l’interdiction de débarquer dans les îles anglo-normandes sans passe sanitaire ». Depuis les bureaux du port, Aurélien Marie voit « des plaisanciers partir très tôt en mer, parfois avant six heures du matin ! »



Outre les contraintes sanitaires, la plaisance doit composer avec les marées. À Courseulles, la cale est ouverte trois heures avant la pleine mer, et jusqu’à trois heures après. « C’est un frein, confirme Pascal, qui assure « s’être calé pour respecter autant que possible » les règles. « Le passage du couvre-feu à 23 heures le 9 juin va changer pas mal de choses », pronostique t-il. De quoi étancher encore plus une soif de grand air incarnée par la plaisance. Coïncidence ou pas, le port de Courseulles a enregistré une hausse de 2,5 % des abonnements annuels. Dans les bassins, environ 540 places sont occupées. Des marins du secteur, de l’Orne, de l’Eure, de la Sarthe ou encore de région parisienne, qui devraient vivre intensément le début de l’été, entre beau temps et allégement des contraintes.