Eclipse partielle du soleil : tout savoir pour l’observer

Ce jeudi, le Soleil a rendez-vous avec la Lune… mais dans le respect de la distanciation sociale ! A partir de 11h13, à Paris, l’astre de la nuit va passer devant celui du jour, cependant cette éclipse ne sera visible que très partiellement en France métropolitaine : le disque solaire ne sera croqué que dans sa partie supérieure. S’il ne fera pas nuit en plein jour, ne boudons pas notre plaisir, car il n’y aura pas d’éclipse totale en Europe avant 2026 et en France avant 2081 !

Il s’agira d’une éclipse solaire annulaire. Dans les régions où l’observation du phénomène est optimale (le nord-est du Canada, le nord-ouest du Groenland, l’est de la Russie), la Terre, la Lune et le Soleil seront bien dans le même axe, mais la Lune est actuellement trop loin et son diamètre apparent, trop faible, pour couvrir complètement l’étoile. Dans la zone de visibilité maximale, on observera un « anneau de feu », d’où le qualificatif « annulaire » associé à ce type d’éclipses.

Que verra-t-on en France ?

En France métropolitaine, c’est à Brest que l’éclipse partielle sera le plus visible, puisque le Soleil y sera occulté à 17,8 %, au maximum de l’événement, vers midi, selon l’Observatoire de Paris-PSL. Cette obscuration sera de 15,9 % à Lille, de 15,2 % à Rouen, de 13,2 % à Paris, mais seulement de 5,2 % à Toulouse, de 2,7 % à Marseille et de 0,2 % à Ajaccio. « Il n’y aura aucune baisse de luminosité perceptible », précise Florent Deleflie, astronome à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). Selon la position des observateurs, le maximum se situera entre 11h55 et 12h20.

Mais ce sont les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel situé près du Canada, qui seront les plus gâtés puisque le Soleil y sera occulté à 67,1 %, à 7h34 en heure locale. Entre le premier et le dernier « contacts », il s’écoulera environ deux heures.

Comment observer le phénomène ?

« Le Soleil ne sera pas moins dangereux jeudi qu’un autre jour », avertit Florent Deleflie. « Il ne faut jamais regarder le Soleil de manière directe et encore moins dans un instrument pas adapté pour ça. » Les curieux peuvent se munir de lunettes spécialement conçues pour les éclipses, auprès de magasins spécialisés en instruments d’optique. « C’est toujours utile, même si jeudi on ne verra pas grand-chose, car le phénomène est limité et on peut être un peu ébloui en regardant. Attention : il faut se procurer des lunettes neuves. Si jamais il y a une microfissure, ça peut être catastrophique pour la vue. Les dommages sont vraiment irréversibles. »

Le plus simple pour regarder le Soleil en toute sécurité est de fabriquer une boîte à éclipse, à partir d’une boîte à chaussures par exemple. Un trou très fin percé avec une aiguille permettra de laisser passer la lumière qui viendra se projeter sur le fond de la boîte. Cette observation indirecte par projection se fera dos au Soleil. L’Observatoire de Paris propose également de suivre l’événement en direct sur sa chaîne YouTube. Deux instruments positionnés à Meudon (Hauts-de-Seine) et à Nançay (Cher) multiplieront les chances de voir l’événement en cas de mauvais temps sur l’un des sites.

Et les prochaines ?

En amont de cet événement, l’Institut de mécanique céleste de l’Observatoire de Paris a mis en ligne une plateforme interactive avec cartes et animations permettant de connaître les conditions globales et locales d’observation de toutes les éclipses solaires jusqu’en 2100 ! On apprend ainsi qu’il y en aura une à peu près semblable, le 25 octobre 2022. Elle sera visible à 19 % à Strasbourg. Quant à l’éclipse partielle du 29 mars 2025, toute la France métropolitaine pourra la contempler. Les Brestois verront même un tiers du disque solaire occulté. Mais le plus beau spectacle à venir est l’éclipse du 12 août 2026. Totale dans le nord de l’Espagne, elle sera visible à 92 % à Paris et même à 99 % à Pau !

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