Présidentielle 2022 : LR va s’aider de sondages pour choisir son candidat

Les calendes grecques ont enfin leur date : les Républicains espèrent avoir désigné leur candidat à la présidentielle 2022 « courant novembre ». C’est ce mercredi 9 juin dans la matinée, lors de leur conseil stratégique, que les tauliers de LR ont enfin arrêté un calendrier et un semblant de méthode pour trouver le nom de leur futur champion dans la course à l’Elysée.

Comme l’annonçait le Parisien – Aujourd’hui en France, le maire (LR) d’Antibes Jean Leonetti a été désigné pour être le « sage » qui va chapeauter tout le processus de construction de cette candidature. Petite nouveauté : Les Républicains vont travailler en partenariat avec le politologue Pascal Perrineau, chercheur à Sciences-po, sur l’élaboration de deux grands sondages qualitatifs portant sur un panel de 15 000 personnes. Ils devront servir à interroger les sympathisants de la droite et du centre sur l’identité de la personnalité la mieux placée pour faire gagner la droite, toujours prise en tenaille entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Une sorte de primaire sondagière en somme… pour espérer que cela évite d’avoir recours à une primaire tout court ! La première vague de cette enquête sortira le 20 septembre, et une deuxième courant octobre.

Pour certains, Jacob «gagne du temps» dans l’espoir d’une candidature Baroin

« Soit on a un candidat qui écrase le match, soit on sera sur un processus de sélection qu’on va préparer en amont », a précisé le président de LR Christian Jacob ce mercredi au sortir du conseil stratégique. C’est-à-dire que si, au vu des deux enquêtes, auxquelles s’ajouteront évidemment les sondages indépendants, personne ne se démarque, il faudra effectivement organiser une sorte de primaire. Comment ? En combien de temps ? Ouverte, fermée ? Mystère. Charge à Jean Leonetti, dit-on, d’avancer sur ce sujet. Christian Jacob a martelé que l’important était d’obtenir « un candidat de rassemblement », derrière lequel tous les prétendants accepteraient de se ranger. Et de pouvoir mettre cette « équipe de France » en route vers 2022.

Au conseil stratégique de LR, beaucoup ont levé les sourcils, trouvant tout le processus « ambigu », selon le mot de l’un d’entre eux. Certains souhaitaient que le parti accélère sur la question de son candidat, afin d’éviter que LREM et le RN ne profitent de l’absence de leader à droite pour les affaiblir. Las, ils ont l’impression que Christian Jacob « gagne du temps », espérant toujours que son ami François Baroin se jette à l’eau, alors qu’il a pourtant fait part de son refus de concourir. « Ça nous condamne à du vide, à la cacophonie. Et c’est impossible de critiquer puisqu’un calendrier est prévu. Mais, en vrai, ça gèle toute initiative », souffle un ténor au bord du désespoir.

Autre angle mort : Xavier Bertrand, toujours légèrement le mieux placé dans les sondages à droite, continue de marteler qu’il sera candidat, quoiqu’il arrive. « Il a dit fuck à la primaire », nous rappelait en des termes fleuris un de ses proches, tout récemment. Peu probable qu’il attende les résultats des enquêtes LR pour lancer sa propre campagne. La droite est déjà promise à une belle rentrée.

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