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Roland-Garros : bousculé, Djokovic mate Berrettini après une interruption et affrontera Nadal en demi-finale

Il a crié sa rage comme jamais. Novak Djokovic peut enfin exulter, savourer. « Ce cri c’était une libération, j’avais accumulé beaucoup de tension pendant le match », explique le Serbe. Au terme d’un match dingue qu’il a longtemps contrôlé avant de se faire peur, le numéro 1 mondial s’est finalement imposé en 4 sets (6-3, 6-2, 6-7, 7-5) et 3h28 de jeu face à l’Italien Matteo Berrettini, lors du dernier quart de finale du tableau masculin disputé ce mercredi soir au bout de la nuit et dans un court Philippe-Chatrier vidé en raison du couvre-feu.

« Djoko » se qualifie pour la 11e fois pour les demi-finales de Roland-Garros. « Les conditions sont particulières avec un public présent pendant 3 sets et après il a fallu trouver la motivation car l’énergie qui était dans le public avait disparu, confie le numéro 1 mondial au micro de Cédric Pioline après sa victoire. Jusqu’au dernier coup c’était un match très difficile pour nous deux. Je suis content de finir avec la victoire. »

Le « Djoker » avait le match en main. Rien ne semblait pouvoir entraver sa marche en avant, sa qualification pour le dernier carré de Roland-Garros. À 5-4 en sa faveur au tie-break du 3e set avec deux services à suivre, Novak Djokovic semblait tenir son ticket pour le tour suivant. Mais deux fautes directes ont complètement relancé les débats.

Premier Italien à atteindre au moins les 8es de finale dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem, le numéro 9 mondial a reconnu avoir été dépassé par l’enjeu en début de partie. « Jouer contre Nadal, Federer ou Djokovic, c’est comme jouer 100 matchs face à d’autres joueurs, avait prévenu son coach Vincenzo Santopadre avant le match. Avec Djoko et Nadal, tu ne peux pas te permettre de flancher cinq minutes, comme Musetti en 8e. Mais Matteo a les caractéristiques pour gagner, on sait que ce sera un match très difficile. Il doit être capable de se battre sur chaque point. » Il avait raison.

Son protégé, qui n’avait pas disputé les 8es de finale lundi en raison du forfait de Roger Federer, a tardé à mettre en application les conseils de son coach. Mais après un début de match passé à courir après les balles, il a semblé retrouver ses esprits et ses frappes de bûcheron à partir du 3e set. Le match était relancé. « C’est un joueur talentueux, il a magnifiquement servi à partir du 3e set », salue Djoko. Malheureusement la suite se verra sans le public, invité à évacuer les lieux. Les joueurs ont également dû rentrer aux vestiaires plusieurs minutes le temps que les spectateurs quittent l’enceinte. Une séquence irréelle.

« C’est dommage, honnêtement je n’ai pas aimé que le public s’en aille mais cette situation nous dépasse, indique Berrettini. Jespère que cette situation va s’arranger et que ce Covid va disparaître de nos vies. L’absence du public n’est finalement pas la chose la plus difficile qu’on a vécu cs derniers mois. Malheureusement je me suis senti moins bien quand je suis revenu sur le court. Mais il faut s’adapter à toutes les situations, j’essaierai d’être meilleur la prochaine fois. »

« J’ai raté la possibilité de conclure le match au 3e set, poursuit le Serbe. L’interruption a peut-être été un bien pour moi car je sentais que j’avais besoin d’une pause. C’est dommage pour le public, qu’il n’ait pas pu rester, mais on savait avant le match qu’il y avait le couvre-feu et qu’on finirait sans spectateurs après une certaine heure. Tant que le public était là c’était une bonne ambiance, comme pour une Coupe Davis, il y avait de l’électricité. Je suis content d’avoir joué ce match en soirée mais je ne suis pas le mieux placé pour parler de la programmation. Le match aurait pu se terminer au 3e set… »

Si l’aventure parisienne est désormais terminée pour le colosse italien (25 ans, 1,96 m), elle se poursuit pour le Serbe. Et les retrouvailles tant attendues auront bien lieu. Vendredi, il affrontera son meilleur ennemi, Rafael Nadal, pour un ticket pour la finale et l’épisode 58 de leur rivalité. Si le Serbe de 34 ans mène la danse dans leurs oppositions directes (29 victoires pour… 28 défaites), il sait que l’Espagnol est un extraterrestre sur la terre battue parisienne. Depuis leur premier affrontement en 2006, Nadal a remporté 7 de leurs 8 duels. Leur dernier remonte à l’automne dernier où, en finale, il l’avait balayé en 3 sets (6-0, 6-2, 7-5). Un souvenir que le « Djoker » aura sans doute à cœur d’effacer. Mais la débauche d’énergie laissée en route ce mercredi soir pourrait peser.

« L’an dernier Rafa avait dominé la finale, se souvient Djokovic. Mais les conditions seront différentes cette année. J’espère que je pourrai jouer à un meilleur niveau que les deux premiers sets de la dernière finale… La qualité de mon jeu sur terre battue depuis le début de la saison me donne confiance et me fait penser que je peux gagner. Mais ce sera une jolie bataille. Jouer sur terre battue contre Nadal est le plus grand des challenges. Rafa est probablement le plus grand rival de ma carrière. »

L’autre demi-finale mettra aux prises l’Allemand Zverev au Grec Tsitsipas.