C’est un crime de lèse-majesté. Un moment historique vécu par les 5 000 heureux propriétaires d’un sésame pour le court Philippe-Chatrier ce mercredi. Pour ce premier jour de la vie d’après avec des mesures sanitaires assouplies, ils ont vu le roi Rafael Nadal vaciller sur sa terre battue. L’Espagnol n’a certes pas trébuché et s’est qualifié, ce mercredi, pour les demi-finales de Roland-Garros – ce qui est bien le plus important -, mais il a souffert pour se débarrasser de l’Argentin de poche (1,70 m) Diego Schwartzman (6-3, 4-6, 6-4, 6-0).
Si les deux joueurs étaient les derniers à ne pas avoir laissé échapper la moindre manche depuis le début de la quinzaine parisienne, « Rafa » pouvait lui se targuer de rester sur 36 sets remportés consécutivement Porte d’Auteuil. Il n’avait plus offert de miettes à un adversaire depuis la finale contre Dominic Thiem (6-3, 5-7, 6-1, 6-1) en 2019. Il y a 2 ans… Mais en 2018 Schwartzman en avait lui aussi pris un lors des quarts de finale (4-6, 6-3, 6-2, 6-2). Les deux joueurs s’étaient également affrontés en demi-finale l’an dernier. Nadal était donc prévenu de la tâche qui l’attendait. « On se connait bien tous les deux, a confié Nadal après le match. Diego est un joueur incroyable. C’est toujours difficile pour moi de l’affronter. »
Après un premier set vite expédié, l’Espagnol, gêné par la combativité de son adversaire, a semblé perdre son jeu, sa puissance de frappe. Dans la seconde manche, dès que le jeu s’est durci, que l’échange a duré, c’est l’Argentin qui prenait le meilleur. Les rôles étaient inversés. C’était le petit « El Peque », avec son physique anachronique dans le sport moderne, qui était le grand bonhomme du match. Un passage à vide pour l’ogre de l’ocre qui dura un peu plus d’un set.
Dès la fin de la 3e manche, celui qui a l’honneur, le prestige, d’avoir une statue à son effigie à l’entrée du stade, reprenait l’ascendant. Le roi était de retour. Vexé par la rébellion de son prétendant, il le corrigea dans la dernière manche expédiée en 26 minutes. Il se qualifié pour la 14e fois pour le dernier carré de l’épreuve parisien, évidemment un record. « C’est toujours particulier pour moi de jouer sur le court Philippe-Chatrier, a assuré, en français, le vainqueur sur le Central. Il y a toujours beaucoup d’émotion à jouer ici, merci (au public). Roland est mon tournoi favori, le plus important pour moi. »
Après avoir passé ce test, Nadal, qui a fêté ses 35 ans jeudi dernier, est donc plus que jamais décidé à ajouter une 14e coupe des Mousquetaires sur son étagère. Une victoire qui lui permettrait d’entrer encore plus dans l’histoire en devenant le premier joueur à atteindre la barre hallucinante de 21 trophées en Grand Chelem.
D’ici là, il affrontera, vendredi en demi-finale, le vainqueur du duel qui opposera dans la session de nuit Novak Djokovic à l’Italien Matteo Berrettini.
