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Dans l’Oise, les animaux des plus démunis ont aussi leur «Restos du cœur»

« Alors, un chien et un chat, c’est ça », interroge une bénévole en regardant sa liste. « Oui, c’est ça et on a récupéré un petit chaton dans la rue aussi, lui répond Caroline. Il doit avoir deux mois et demi, trois mois… » Et la jeune femme âgée de 23 ans de préciser, en sortant un cabas d’un recoin de la poussette dans laquelle dort son nouveau-né : « Pas de besoin de pâtée pour le chien, on en a encore. Mais il nous faut que des croquettes. » Sur le trottoir, devant ce local municipal situé rue de la Flaque à Formerie (Oise), une file se forme : des propriétaires qui attendent leur tour pour nourrir Réglisse, Duchesse, Minette, ou encore Lucifer…

Depuis octobre 2020, une antenne de l’association rouennaise Solidarité coup de patte (SCP) propose aux foyers en difficultés de cette commune de 2 000 habitants de faire le plein de nourriture pour les animaux de compagnie. « Il y a une demande énorme », déclare Dominique Copitet, à l’origine de la structure. Lors de la dernière distribution, cette retraitée explique que près de 35 kg de croquettes pour chat et 60 pour chiens ont ainsi été distribués. « Et je ne parle même pas des pâtées… »

«On sait qu’ils peuvent nous dépanner»

Une association qui vient combler un manque criant sur le territoire, estime-t-elle. « Que ce soit dans les banques alimentaires ou les Restos du cœur, ils n’ont rien pour les animaux… Ils ne peuvent pas se charger de cela, car ils ont suffisamment à faire. Mais cela laisse beaucoup de personnes dans le besoin. » Elle soupire : « Des gens me disaient même qu’ils partageaient leurs repas avec les animaux en fin de mois… »

Des sacs remplis de croquettes sont distribués, chaque mercredi après-midi à Formerie. Juliette Duclos

Son cabas rempli, Caroline s’apprête à rentrer chez elle. Il y a quelques mois encore, la jeune femme réalisait des missions d’intérim. « Mais je suis tombée enceinte et je ne pouvais plus travailler », poursuit-elle. Au loyer et aux différentes factures courantes s’ajoutent les frais pour ses animaux. « Je suis allée chez le vétérinaire pour le rappel du vaccin, c’était 90 euros, ce n’est pas donné. » Surtout quand on vient d’avoir un nouveau-né : « Le lait, ça part super vite… » Alors en ce moment, cette aide est plus que la bienvenue. « Pour les gens comme nous, qui n’ont pas beaucoup d’argent, pas beaucoup de revenus, c’est pratique, souffle Caroline. Quand on a plus à manger pour nos bêtes, on sait qu’ils peuvent nous dépanne. »

Des dons d’entreprises

Magalie, elle, confie avoir eu « des réticences » avant de franchir les portes du local. « Je ne voulais pas, mais je me suis forcée, je n’allais pas abandonner mes animaux quand même. » Car pour nourrir sa petite dizaine de chats, cette femme de « bientôt 50 ans », doit leur fournir quasiment, « un kilo et demi de croquettes par jour ». Un budget mensuel « énorme ». « Avant, ça allait car je travaillais, mais j’ai perdu mon travail en décembre dernier et je me suis retrouvée sans rien », glisse-t-elle, en remplissant son sac de nourriture pour félin.



Au total, une trentaine de personnes vont régulièrement chercher des croquettes à l’antenne de l’association SCP de Formerie. Un chiffre qui pourrait augmenter face à la demande… « Ce qui est compliqué, c’est d’avoir du stock régulièrement… Heureusement que certaines enseignes nous ont soutenues même pendant le confinement en faisant des dons », poursuit Dominique Copitet, citant, entre autres le Gamm vert de Grandvilliers ou le magasin d’alimentation animale, Eddie Croquettes. « Au-delà des collectes, nous avons besoin de l’aide des grandes enseignes, qu’elles nous donnent leurs invendus », lance la bénévole.

Une prochaine collecte sera organisée devant le Gamm vert de Grandvilliers, le 26 juin prochain