Ses pupilles noires se cramponnent à la baguette. Malgré les minutes qui filent, Sara (le prénom a été changé) ne lâche pas le point orange à son extrémité qui oscille de chaque côté de son brushing. « Ça va, ça tire un peu ? », la questionne, les yeux dans les yeux, l’orthoptiste, Charlotte Rigal Sastourné, assise face à sa patiente, dans son cabinet parisien. De l’autre main, cette spécialiste des troubles visuels, tient devant la mirette droite de l’étudiante, une sorte de règle graduée, en Plexiglas. « Grâce à cette barre de prismes, je suis en train de muscler ses yeux », explique-t-elle, concentrée. L’effort paraît mince. En réalité, il est douloureux pour Sara, qui entame sa première séance de rééducation visuelle.
Rééducation visuelle après le confinement : «À certains moments, je vois les lignes se mélanger»
