Barrage de Top 14, Racing 92-Stade Français (38-21) : Gaël Fickou a choisi le bon camp
Il n’a pas bronché quand les supporters du Stade Français ont osé une légère bronca à l’annonce de son nom avant le coup d’envoi. Il n’a pas tremblé quand il a fallu, d’une main ferme, raffûter son ancien compère de l’attaque parisienne Jonathan Danty pour aller planter le premier essai du Racing dès la 5e minute. Gaël Fickou était au centre des attentions de ce derby, lui qui évoluait dans le camp d’en face il y a encore deux mois.
« Je n’aimerais pas être dans sa situation », avouait son capitaine Maxime Machenaud avant le match. Le trois-quarts centre international (27 ans, 63 sélections) a géré cette position inconfortable comme le champion qu’il est. Froidement, avec flegme, efficacité et talent. Impassible après avoir été secoué dans un ruck, distant quand les esprits s’échauffent à la demi-heure de jeu, Gaël Fickou est resté concentré sur son jeu. Rendu facile par la faiblesse de ses anciens coéquipiers parisiens, son match s’est résumé à une prestation solide au centre de l’attaque des Ciel et Blanc. Une de plus.
« Le Stade Français est une équipe qui a du caractère, je l’avais dit à la mi-temps, a déclaré le centre du Racing au micro de Canal+ après le match. C’est particulier, j’ai joué contre mes frères, je me suis régalé là-bas mais mon destin est maintenant au Racing et je suis très content. »
Dans ce match sans fioriture, le centre international a laissé les grandes envolées et à ses compères « galactiques » de l’attaque. A l’arrière autsralien Kurtley Beale la première relance tranchante, au feu follet écossais Fin Russell les crochets dans la défense. Le score rapidement acquis, l’ancien Parisien a alors revêtu son costume de capitaine de la défense dans cette Arena qui n’a pas manqué de scander son nom, après son essai inaugural.
La tête haute, replaçant ses coéquipiers, prenant les consignes sur son banc, Gaël Fickou a contenu la réaction d’orgueil parisienne en seconde période. Après le 3e essai du Stade Français et le carton jaune de son pote Teddy Thomas (67e), il coupe l’élan des soldats roses avec un plaquage salvateur dans les jambes de Lapègue. Et épargne à son nouveau club une fin de match trop stressante.
Ce Fickou-là sera à nouveau précieux pour le Racing en demi-finale contre La Rochelle vendredi prochain à Lille. Et peut laisser des regrets à un Stade Français sans doute un peu orphelin d’un tel patron.