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Noisy-le-Grand : les parents de Joliot-Curie réclament « une école à taille humaine »

Des grues en plastique, des cahiers empilés, un grand carton représentant une devanture d’immeuble et des Playmobil. Cette mise en scène, visible ce vendredi matin sur le parvis du groupe scolaire Joliot-Curie, à Noisy-le-Grand, a dû surprendre les écoliers.

« Voilà ce que ça donne l’urbanisme à outrance, tout s’effondre ! », ironise une manifestante, lorsqu’un léger coup de vent déséquilibre une des deux grues, qui s’écrase sur le bitume. Car cet amas d’objets était censé symboliser les problèmes qu’une vingtaine de parents d’élèves réunis par la FCPE sont venus dénoncer ce vendredi matin.

Le gratte-ciel réalisé en carton et les grues en plastique représentaient le processus d’urbanisation de la ville de Noisy-le-Grand, avec la livraison prochaine de trois cents nouveaux logements sur le quartier. À l’ombre des bâtiments qui se construisent, il y avait les élèves – identifiés par des Playmobil – toujours plus nombreux, entassés dans une école beaucoup trop petite.

« On veut une école à taille humaine »

« Et l’empilement des cahiers symbolise la surcharge des classes. C’est ce que je vois à travers cette construction » analyse Patrice Anato, député (LREM) de la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis. Le candidat aux élections départementales dans le canton de Noisy est venu soutenir les parents, en « écoutant les inquiétudes, et faire le lien avec la municipalité », même s’il reconnaissait ne pas en avoir « directement le pouvoir ».

La « mise en scène » de la FCPE 93. L’urbanisme de Noisy-le-Grand se représente par la grue et le carton, sur lequel des fenêtres ont été dessinées pour en faire un immeuble. Au milieu, les Playmobil symbolisent les nombreux élèves de l’école. Tanguy Frey

Depuis plusieurs semaines, la FCPE 93 dénonce le risque grandissant que les classes soient surchargées dès la rentrée de septembre prochain. Les parents d’élèves jugent les infrastructures du groupe scolaire Joliot-Curie inadaptées au bon accueil des écoliers et dénoncent un « refus de dialoguer » de la municipalité de Noisy-le-Grand.

« Au bout d’un moment, on en a marre. Ça fait cinq ou six ans que ça dure », se plaint Thomas, parent d’élève et membre de la section FCPE de Noisy. « L’urbanisation constante de Noisy-le-Grand, le fait qu’il n’y ait qu’une seule toilette pour tous les élèves, la cantine trop petite qui fait que les enfants n’ont pour beaucoup pas le temps de manger : ce n’est pas possible. On veut une école à taille humaine. Et là, 300 logements vont être livrés sur le secteur de l’école. La mairie ne veut pas anticiper sur les effectifs, alors qu’il faut 24 élèves par classe maximum. »

« On est dans le fantasme », selon la maire

Une réunion, entre parents d’élèves et représentants de la municipalité, a pourtant eu lieu, jeudi soir. D’après la FCPE, il s’agit du premier contact concret entre les deux parties. « Ils nous mènent par le bout du nez, il n’y a pas de communication, pas de projection » poursuit Thomas. « Hier [NDLR : jeudi], il y a eu un début de dialogue mais ce n’est pas assez. Il faut continuer pour les enfants. »

Contactée par téléphone, la maire (LR) de Noisy-le-Grand Brigitte Marsigny juge les plaintes des parents d’élèves infondées. « Sur les cinq ans de mon premier mandat, c’est 45 millions d’euros consacrés à la réfection des écoles, en plus des quinze millions pour la construction de l’école rue Navier, qui va récupérer une partie des enfants de l’école Joliot-Curie », souligne l’élue. Et de préciser que l’école devrait être prête très prochainement, sans s’avancer sur une date précise.

« Parmi les gens qui vont emménager dans les nouveaux logements, il y aura très peu de familles avec des enfants, assure Brigitte Marsigny. De plus, le rectorat va peut-être même être en capacité de former une nouvelle classe à Joliot-Curie. On est dans le fantasme parce que c’est le mois de juin, c’est la période électorale. Les gens attendent des choses de la part des politiques, j’en suis convaincue. »