Objectif atteint. Alors qu’il y a encore quelques mois, après un début de campagne très poussif, personne n’imaginait vraiment que la France puisse atteindre ce seuil des 30 millions de primo-vaccinés avant l’été, c’est pourtant désormais chose faite. Avec un peu d’avance même, puisque le gouvernement, dans le calendrier qu’il avait alors avancé, avait évoqué la date du 15 juin pour le franchir. Jean Castex s’en est félicité ce samedi sur Twitter.
C’est donc avec trois jours d’avance que ce cap a été franchi ce samedi 12 juin, comme l’avait prévu la veille le Premier ministre. « Demain (samedi, donc), 30 millions de Français auront reçu au moins une dose de vaccin – un objectif atteint avec 3 jours d’avance. Rien qu’aujourd’hui (vendredi), vous êtes plus de 740 000 à avoir reçu une injection – un record depuis le début de la campagne. On accélère ! » s’est félicité dans un tweet le chef du gouvernement. Vendredi soir, Santé publique France avait en effet annoncé que 29 831 488 personnes avaient reçu au moins une injection (56,8 % de la population majeure), et que plus de 15,4 millions étaient complètement vaccinées, soit un cinquième de la population.
Reste que des doutes commencent à apparaître sur le maintien de cette cadence, alors que ces derniers jours les centres de vaccination sont nettement moins fréquentés. Le rythme de la vaccination reste soutenu assure pourtant le ministère de la Santé, qui note qu’avec près de 400 000 primo-vaccinés chaque jour la progression de la vaccination est constante dans les tranches des 50-59 ans et des 60-69 ans. Il évoque une hausse « très forte » (+ 6 % depuis l’ouverture fin mai) chez les 18-49 ans, ces dernières semaines.
Ralentissement de la vaccination et vacances d’été
Le responsable de l’Agence de santé d’Ile-de-France, Aurélien Rousseau, a toutefois noté un récent ralentissement des prises de rendez-vous. « Petite alerte et coup d’émotion : il reste des créneaux de vaccination dans beaucoup de centres », a-t-il tweeté mercredi, en appelant la population à en profiter. De même la perspective des vacances d’été et de l’organisation de la campagne de vaccination dans ce contexte se pose aussi désormais, car les autorités demandent toujours aux Français de se faire administrer les deux doses dans le même centre.
Le ministre de la Santé Olivier Véran a écarté tout revirement de la population, estimant qu’il restait « des créneaux disponibles du fait de cette augmentation de l’offre. Il n’y a pas du tout de réduction de la demande qui continue d’augmenter ». Mais alors qu’une seule dose ne suffit pas à protéger efficacement, l’épidémiologiste Pascal Crépey a évoqué auprès de l’AFP un « risque de renoncement à la deuxième dose, voire aux deux doses, les gens se disant que ce n’est pas grave » puisque la situation sanitaire s’améliore.
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Pour le moment jusqu’à fin juin, le site Doctolib ne prévoit pas de baisse du rythme des injections, qui devrait se maintenir à près de 600000 par jour (1e, 2e dose ou dose unique), avec moins de visibilité sur la suite. Daniel Levy-Bruhl de Santé publique France a reconnu « un point de préoccupation », car « la couverture vaccinale stagne chez les seniors », à environ 75 % de complètement vaccinés chez les 75-79 ans, et 66 % chez les plus de 80 ans. Cette couverture n’est « pas suffisante pour nous protéger dans l’avenir d’une recrudescence des formes graves si le virus reprenait une dynamique à la hausse », a-t-il averti.
